Danielle Boni-Claverie : « En 2020, toute l’opposition doit s’entendre autour d’un ticket »

Danielle Boni-Claverie n’écarte pas la possibilité de se présenter en 2020.

Proche de la branche de l’opposition conduite par Aboudrahamane Sangaré, Danielle Boni-Claverie, 62 ans, a quelque peu créé la surprise en appelant les Ivoiriens à se faire enrôler sur la liste électorale. Elle explique sa position dans cet entretien.

En prenant le contrepied de la coalition Ensemble pour la démocratie (EDS) sur la question du recensement électoral, peut-on conclure que vous prenez vos distances vis-à-vis d’elle ?

 

Il n’y a aucune défiance de notre part vis-à-vis d’EDS, qui est pour l’URD un partenaire privilégié. Nous ne sommes pas membre de cette plateforme, comme vous l’avez constaté et l’accord de partenariat qui nous lie stipule que chaque parti conserve son autonomie. Il est évident que notre parcours dans la durée ne sera pas linéaire et qu’il y aura des points de jonction et d’autres où nos opinions divergeront, sans que cela ne menace notre vision commune. Aujourd’hui, nous avons sur l’enrôlement un avis différent et nous avons été surpris par une déclaration qui n’a fait l’objet d’aucune discussion préalable. Je trouve cependant très sain le débat contradictoire qui s’est instauré. À mes yeux, il ne divise en rien l’opposition, mais va plutôt contribuer à ce que les uns et les autres se situent plus clairement dans la perspective de 2020.

 

Vous avez, dans un passé récent, souhaité la réforme de la CEI. Ne pensez-vous pas qu’en appelant les Ivoiriens à se faire enrôler, vous lui accordez une certaine confiance ?

Être inscrit sur la liste électorale est la 1ère étape du processus mis en place pour gagner des élections. On ne peut pas envisager de participer à un scrutin et en même temps s’amputer d’une jambe en n’étant pas inscrit sur la liste. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait et quels sont les mots d’ordre qu’auront à donner les états-majors. La real politik nous oblige à garder des billes en réserve et l’inscription massive de nos électeurs est un enjeu majeur pour les futurs scrutins. Cela ne va pas nous empêcher de réclamer à cor et à cris la recomposition de la CEI actuelle, totalement inféodée au pouvoir. Ce qui est scandaleux, c’est que cette institution permanente, qui coûte de l’argent au contribuable, a pour mission de réviser chaque année la liste électorale et de la publier au Journal officiel. Ce qu’elle se garde bien de faire. Comprenez que cela suscite de notre part beaucoup de suspicion. Pourquoi seulement 7 jours ? Pourquoi choisir une date en pleine saison des pluies et en période d’examens ? Nous avons 6 318 311 électeurs, alors que le corps électoral est évalué par rapport à la population à 8 millions de personnes. Nous avons le sentiment à l’URD que les autorités, en bâclant cette révision, ne se rendent pas compte, ou ne veulent pas voir, qu’elles jouent avec le feu. Elles prennent le risque de créer les conditions d’une nouvelle crise.

 

L’URD n’a pas participé aux derniers scrutins. Envisagez-vous d’avoir des candidats pour les élections locales à venir ? Si oui, quelles sont les localités ciblées ?

Tout parti a l’ambition d’être présent à tous les scrutins et l’URD n’y échappe pas. Nous avons participé aux législatives et aujourd’hui, sans nous décourager, nous sommes en train de nous organiser pour relever le défi du développement dans certaines de nos communes et régions. Nous manquons de moyens, ce qui rend la tâche difficile, mais pas impossible.

 

A quand une candidature de la présidente que vous êtes ?

Je n’écarte pas l’éventualité d’une candidature en 2020, mais il ne s’agit pas pour moi de rechercher des effets d’annonces solitaires. Toute l’opposition significative doit s’entendre autour d’un ticket qui la représentera, en choisissant les personnes les plus susceptibles d’être acceptées par le peuple souverain. Pour le moment, il serait précoce de se positionner.

 

Propos recueillis par Ouakaltio OUATTARA

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