Tizié Jean Jacques : « Donner goût au métier de gardiens de but »

Fraîchement nommé à la Direction Technique Nationale en qualité de formateur des gardiens de but, Jean Jacques Tizié veut redynamiser la formation dans le domaine spécifique de gardien de but et susciter des vocations. L’ancien dernier rempart des Eléphants veut apporter sa pierre à l’édifice pour les prochaines échéances.

Ancien international, vous avez été récemment nommé à la DTN. Qu’est ce qui a motivé votre accord ?

Je confirme effectivement ma présence en Côte d’Ivoire. En fait, je suis en contact avec la Fédération Ivoirienne de Football depuis des années. On avait entamé des discussions qui n’avaient pas abouti pour plusieurs choses. Mais il fallait que je vienne. J’ai discuté avec le Vice-Président Sory Diabaté qui m’a présenté un projet. Il m’a demandé de mettre en place ce projet sur la formation des gardiens de but en Côte d’Ivoire et l’organisation du secteur des gardiens de but. C’est un vaste domaine. Cela m’a vraiment intéressé. En outre, je pense que le moment est venu pour moi de me mettre à la disposition de la Côte d’Ivoire après mon expérience personnelle en Tunisie. J’ai donc sauté sur ce projet qui va englober la formation les gardiens de but et les formateurs de gardiens de but. Ce projet va s’étendre sur toute la Côte d’Ivoire.

Quelle est la mission exacte qui vous a été confiée ?

Dans un premier temps, on a remarqué un gros déficit au niveau des gardiens de but en Côte d’Ivoire, notamment, dans les différentes catégories de nos équipes nationales. On va donc mettre en place un plan de travail qui prend en compte l’initiation, la préformation et la formation. Globalement, ce sont ces trois axes que nous allons toucher. On a remarqué que de moins en moins de jeunes acceptent de devenir des gardiens de but. C’est un problème qu’il faut résoudre. Il va falloir donner goût au métier, expliquer aux jeunes ce qu’un gardien de but. On va essayer de motiver ces jeunes depuis le bas âge afin qu’ils embrassent la carrière de gardiens de but. Notre cible touchera déjà la préformation, parce que c’est la catégorie où on peut donner une base tactique, technique et physique. C’est vraiment cette catégorie qu’on pourra suivre jusqu’à ce que le jeune devienne mature. Cela pourra permettre de voir la marge de progression de ces jeunes. Je pense que d’ici 2021, on pourra sortir quelques gardiens de but qui pourront avoir une bonne base. Le gros travail va se faire au niveau des clubs. C’est un travail au quotidien. On ne fera que réunir tous les éléments qui sont bons. Il va falloir regarder si vraiment on a des formateurs de gardiens de but dans les clubs. S’il n’y en a pas, il va falloir donner la formation afin que le travail puisse se faire. On a un plan de formation qu’on va proposer, suivre et évaluer avec les différents entraineurs de clubs. Déjà, on va recenser et regarder le profil de tous ceux qui sont entraineurs des gardiens de but. C’est important de savoir qui forme les gardiens de but. Si le recensement montre que les formateurs ne sont pas d’un bon niveau, la Direction Technique Nationale va leur donner le niveau qu’il faut afin que cela puisse rejaillir sur les clubs. C’est ce qu’on va faire avec les gardiens de but en Côte d’Ivoire et même les Ivoiriens qui sont à l’étranger. Si on a de bons formateurs, on aura automatiquement de bons gardiens de but bien formés. On va s’arranger pour que les stages de formation soient de plus en plus internes pour qu’on puisse former des gardiens de but mais aussi des personnalités. Il faut dire que le gardien de but est une entité, un homme. Il a une grande responsabilité et il occupe une place importante au niveau l’équipe. Il y a des matches où c’est le gardien de but qui joue et qui motive toute l’équipe. C’est un homme, une personnalité qui donne la force et le courage à toute l’équipe pour aller de l’avant. Si on n’arrive pas à former des hommes, des personnalités, le travail ne sera pas complet.

A vous entendre, c’est un gros chantier qui vous attend. Quels sont vos besoins et vos attentes ?

Dans un premier temps, il faut qu’on soit en possession de matériel vraiment spécifique pour les gardiens de but. C’est la première des choses. Cela nous permettra d’être vraiment professionnels. Il va falloir, en outre, que tous les entraineurs nationaux s’organisent pour travailler en équipe. Je veux aussi une formation de proximité. On va sillonner tous les quartiers et couvrir toute la Côte d’Ivoire. Comme attente, on espère trouver les moyens et surtout les conditions de travail. Si on a les moyens et les conditions de travail, je pense qu’on va aboutir à quelque chose de positif.

Quel regard portez-vous sur le football ivoirien et en particulier sur les gardiens de but ?

Je préfère parler plutôt des gardiens de but. La première remarque que j’ai faite porte sur la morphologie. Je pense qu’on a des gardiens de but qui sont trop petits. Il y a aussi un gros manque technique. Après avoir vu un peu comment les choses se passent, je tire mon chapeau à tous ces jeunes-là parce qu’ils n’ont pas reçu de formation. Beaucoup n’ont pas reçu de formation et ils se sont retrouvés là. Ils essayent de faire comme ils peuvent. Ce n’est pas vraiment facile. La formation de gardiens de but, c’est depuis la base. Il y a des choses à la base qu’il ne faut pas rater, parce qu’après c’est difficile de rattraper quand on est adulte. Ce sont des choses qu’on essayera de prendre en charge et de corriger. Notre présence va motiver tous ces jeunes-là. J’ai aussi remarqué des fautes liées à la méconnaissance de la loi de jeu. Ce sont des choses qui sont graves. C’est pour cela que je parle de plus en plus de stage interne. Il va falloir qu’on apprenne aux gardiens de but toutes ces lois de jeu. Je suis en train de rencontrer toutes les associations. Celle des gardiens de buts, des médecins et même celle des arbitres, afin que toutes ces personnes puissent intervenir dans la formation des gardiens de but. Il faut que les gardiens de but soient enseignés sur les lois de jeux, les techniques et surtout l’hygiène de vie. De ce fait, j’ai rencontré l’association des anciens gardiens de buts. On a eu un échange intéressant et nous avons décidé de travailler ensemble.

Pensez-vous pouvoir combler le déficit en gardiens de but avant l’échéance 2021 ?

Je suis convaincu qu’avec le plan d’action qu’on va exécuter, on pourra faire quelque chose de très solide. S’il y a les moyens, on pourra sortir les gardiens de buts. On va beaucoup miser sur la formation des gardiens de buts et de leurs formateurs. Et si ces formateurs adoptent notre projet de formation, je crois que le travail va se faire beaucoup plus vite. Nous serons là pour faire des évaluations, afin de voir chaque niveau d’avancement et revenir sur ce qui n’a pas marché précédemment. Ce travail se fera avec l’aide de la plateforme de gardiens de but que nous allons mettre en place, pour échanger sur les failles de nos gardiens de buts afin de pallier toutes ces erreurs. Je crois que si tout le monde suit, il n’y a pas de raison qu’on ne réussisse pas. Il faut déjà penser à réfléchir et à voir comment on peut sortir des gardiens de buts jeunes qui pourront jouer sur une longue période. C’est le moment de former des jeunes qui pourront assurer la relève. Un de nos objectifs majeurs est que ces gardiens de but, une fois formés, soient capables de jouer comme deuxième ou troisième gardien de but sans qu’on sente l’absence du gardien de but titulaire. D’où, l’utilité de former trois à quatre gardiens par catégorie, afin que le troisième gardien d’une catégorie supérieure soit le titulaire de la catégorie qui suit. A force de pratiquer, il deviendra plus apte. Le gros problème aujourd’hui, c’est que la relève n’a pas été préparée.

Interview réalisée par DCOM-FIF

À LIRE AUSSI

L’Hebdo - édition du 18/10/2018
Voir tous les Hebdos
Edito
Par Ouakaltio OUATTARA

Nouvelle génération

Ce n’est pas la première fois que le Président Ouattara lâche les mots « nouvelle génération ». Mais, après avoir ouvert la porte a...


Lire la suite
JDF TV L'actualité en vidéo
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal d'Abidjan et recevez gratuitement toute l’actualité