Quand les vendeurs ambulants réinstallent l'anarchie

Pour les fêtes de fin d’années les commerçants espèrent reconquérir les trottoirs.

Libérés en août dernier par le ministère de la Salubrité urbaine et de l’assainissement, les trottoirs de la ville d’Abidjan sont réoccupés par les vendeurs à la criée à la veille des fêtes de fin d’année.

L'opération de libération des voies et trottoirs du district d’Abidjan des commerces par le ministère de la Salubrité urbaine et de l’assainissement, il y a environ quatre mois, dans le cadre de la semaine nationale de la propreté, fait face à des résistances et au retour des marchands ambulants engagés dans une logique de coursepoursuite avec les agents de la brigade d’assainissement.

Les fêtes en perspective

Pour les commerçants, le mois de décembre, synonyme de fêtes de fin d’année, reste l’une des périodes idéales pour écouler les marchandises et faire des bénéfices. Pas question de manquer cette opportunité. Brouettes, petites tables, sachets plastiques à même le sol ou debout, tous les moyens sont utilisés par les commerçants réinstallés de façon anarchique, pour proposer leurs produits aux passants, dans un brouhaha indescriptible. « On ne peut pas rester loin du trottoir pour vendre, car les clients n’arrivent pas à nos étals » se justifie Madou, un jeune vendeur de vêtements pour femme à Adjamé-Liberté. Même décor au niveau de la clôture des tours des 220 logements, totalement refaites, en face du rond-point de ce quartier. Ici, la tombée de la nuit est mise à profit pour exposer les articles. Sita Diomandé, vendeuse de chaussures et de sacs à main pour femme est consciente du risque qu’elle prend, mais affirme ne pas avoir d’autre solution que de se débrouiller à cet endroit. Plus loin, du côté de la gare routière, dans les environs du Mirador, les vendeurs ambulants, plus nombreux, ne sont pas en reste. Articles en main, ils occupent la chaussée en hélant les passants, tous des clients potentiels.

Grogne des riverains

M. Lambert Dohoui, retraité et résident dans l’une des tours des 220 logements, ne comprend pas que les décisions prises par les autorités ne soient ni respectées par les citoyens, ni suivies de sanctions contre les réfractaires. C’est un homme désabusé qui rappelle que le déguerpissement de ces commerces anarchiques avait réjoui tout le monde et redonné une nouvelle image à leur cité. Mais hélas, avec les fêtes de fin d’année, c’est le retour aux vieilles habitudes et en toute impunité, regrette-t-il.

Anthony NIAMKÉ

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