CIE / Clients : De l’électricité dans l’air ?

La compagnie ivoirienne d’électricité multiplie les campagnes afin que ces installations ne soient plus des cibles de manifestants.

Pour faire baisser la fièvre née de la hausse des tarifs en juillet 2016, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) avait décidé d’échelonner le paiement des factures sur une année et de surseoir à sa politique d’augmentation du prix du kilowattheure. Un an après, la question revient sur la table.

Le 12 septembre, les clients de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) seront  appelés à solder leurs comptes. Il s’agira pour eux de faire face aux factures du mois de juillet 2016, dont le paiement avait été étalé sur une année suite à la grogne sociale qui avait abouti à des actes de vandalisme sur certaines installations de la CIE à Abidjan et dans certaines grandes villes de l’intérieur du pays, notamment Bouaké, Yamoussoukro et Daloa.

On traine encore les pieds À quelques jours de la date butoir, des sources proches de la CIE citent trois catégories de clients face à cette situation. « Certains ont soldé leur compte. Un deuxième lot effectue des paiements partiels et la troisième catégorie n’a pas encore versé un seul sou », nous dit-on sans pour autant donner un montant approximatif de la dette à recouvrer. Nos sources révèlent par ailleurs qu’à l’échéance les « mauvais payeurs » subiront systématiquement des coupures d’électricité. Du côté des organisations de consommateurs, où les meneurs de la fronde de juillet 2016 ont été formés par la compagnie d’électricité, tant sur place que dans la sous-région ouest africaine, on fait désormais la fine bouche. La tempête est passée et on estime avoir obtenu gain de cause. «  Le point-clé de la lutte était d’obtenir la non augmentation du prix. Par la suite, il a été négocié un échelonnement et cela a été communiqué à tous les ménages », explique Ben Faly Soumahoro, Président de l’Association pour la protection des consommateurs actifs de la Fédération des consommateurs de Côte d’Ivoire (APROCACI). Pour lui, à partir du moment où les accords entre les associations de consommateurs et la CIE ont été communiqués, il appartienit désormais à chaque ménage de s’organiser afin de s’acquitter de sa dette. Le non-paiement des factures à la date butoir et les conséquences qui s’en suivront vont-elles susciter de nouveaux mouvements, dans un contexte politico-social déjà fragilisé depuis le début de l’année ?  Pas si sûr, pense Ben Faly, pour qui, face aux efforts du gouvernement, les consommateurs doivent faire en sorte de « préserver la paix et le climat social. » Une approche qui ne tient pas compte du fait qu’en juillet 2016 les populations s’étaient soulevées, notamment à Bouaké, sans attendre l’appel des associations de consommateurs.

Malick SANGARE

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