Front social: 2020, une année d’observation?

Les élections présidentielles vont certainement influencer le front social cette année en Côte d’Ivoire.

Une année d’espoir, une année d’angoisse, une année d’observation. A cause de la présidentielles, 2020 arrive comme le moment tant attendu : la croisée des chemins. Et ces appréhensions touchent quasiment tous les secteurs, en particulier le monde syndical. « Nous avons décidé de mettre en veille toutes nos revendications cette année. C’est la consigne qui nous a été donnée. Les négociations reprendront probablement en 2021 », explique Abba Eban, membre du directoire de l’Intersyndicale de l’enseignement préscolaire et primaire de Côte d’Ivoire (ISEPPCI). Débutée en 2018, les discussions des enseignants avec le gouvernement pour trouver des solutions à la question des cours les mercredis qui continue à faire polémique, à la revalorisation de l’indemnité de logement, et plusieurs autres problèmes d’ordre administratif, ne sont toujours pas achevées. Une précaution, selon Abba Eban, vue l’extrême sensibilité de cette année. Cette idée est partagée par le Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI). Avec la réforme de la santé, pour Dr Guillaume Apkess, le secrétaire général du SYNACASS-CI, les acteurs de la santé ont beaucoup gagné en 2019. Grâce à la réforme hospitalière, à l’entendre, les travailleurs de la santé gagnent, entre autres, les primes d’intéressement, les indemnités. « Si c’est bien organisé, le personnel sera motivé pour accompagner le gouvernement dans tout ce qui sera décidé », indique-t-il. La seule exigence aujourd’hui du personnel, d’après le secrétaire général du SYNACASS-CI, concerne les spécialités. Après la signature d’un décret en 2016, le personnel attend que les autorités mettent l’accent sur les spécialités dans la profession des médecins pour une meilleure mise en œuvre de la couverture maladie universelle (CMU).

 

Préoccupions

« Pour finir docteur, pharmacien ou dentiste, il faut 5 à 8 ans d’études. Et après cela, certains de nos camarades font des spécialités. Malheureusement, ces spécialités ne sont pas reconnues. Ils ne sont pas payés comme tel. Que cela change ; que le ministre de la Santé saisisse cette occasion pour corriger cette injustice », indique Dr Guillaume Apkess. Les autorités, dit-il, ont montré qu’elles avaient à cœur les problèmes du personnel de la santé. Normal, selon lui, que le personnel accompagne le gouvernement en 2020 afin qu’elle soit une année de paix. Au niveau de Coordination des syndicats de la santé (Coordisanté) on est pratiquement sur la même longueur d’onde. Réforme hospitalière oblige. Pour Boko Kouao, le porte-parole de la Coordisanté, l’un des aspects qui préoccupe la Coordination, c’est bien la mise en œuvre de la couverture maladie universelle (CMU). Ils suivront, assure-t-il, cette phase de très près,comme du lait sur le feu, afin que toutes les difficultés relevées depuis le début de l’application de cette grande assurance, soient résolues.

Mais, tous ne voient pas l’année 2020 comme une année d’observation. C’est notamment le cas pour la Coalition des syndicats du secteur éducation-formation de Côte d’Ivoire (COSEF-CI). « Pour nous, cette année doit être une année décisive. Celle qui permettra de régler nos problèmes », indique Ako Nomel, le porte-parole de la COSEF-CI. Qui justifie cette posture : « en mars dernier nous avons eu une rencontre avec le Premier ministre. Il était question que nous nous rencontrions à nouveau dans les semaines à venir afin de trouver des solutions à nos revendications. Mais cela fait maintenant 8 mois que nous attendons, en vain ». Selon  Ako Nomel,un préavis de grève a déjà été déposé par la COSEF-CI sur la table des autorités ivoirienne. Jusqu’au 28 janvier, s’ils ne sont pas appelés à la table de discussion, promet le leader de la coalition qui regroupe plus d’une douzaine de syndicats, alors ils vont entrer en grève. Un état d’esprit qui tranche avec les précédents. Front social apaisé ou en ébullition ? Les premiers mois situeront à coup sûr les Ivoiriens.

Raphaël TANOH

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