Déshérité et banni, il tente l’aventure Libyenne

Les dangers des vagues des cotes Libyenne et italienne pourront-elle être un  jour, un frein à l’immigration ?  Pas si sûr. Entre fuite de la guerre, de la famine et de la misère, se cachent bien d’histoire aussi difficile les unes que les autres.  David Konaté né le 1er janvier 1982, à Boundiali (Nord de la Côte d’Ivoire) en a fait l’amère expérience. Tout commence lors du décès de son père à l’âge de 60 ans en 1991. Les funérailles terminées, il faut, songer désormais à l’avenir avec la gestion des plantations laissées par le défunt.  Alors que les deux premiers enfants dont l’ainée, sa grande soeur et  David K. s’apprête à entrer en possession des biens de leur défunt père, ils feront face à leurs oncles qui s’y opposent contre toute attente. L’affaire tourne au vinaigre et David et sa mère qui vient de Goulia, (village situé un peu plus au nord est de Boundiali) sont chassés.  Dans la foulée et face à ce qu’il perçoit comme une injustice, il tente de résister mais soupçonne qu’il a été empoisonné  à petite doses.  Fin 1991, il est traversé par des maux de  violents maux de tête presque quotidien et se retrouve du jour au lendemain avec un abcès infectieux au mollet. La thèse de l’empoissonnement s’enracine dans petite tête et il décide de s’éloigner définitivement de ses parents. Destination Divo (centre Ouest de la Côte d’Ivoire).  S’il arrive à s’y installer à l’aide de certaines rencontres qu’il fait au hasard, les traitements contres son abcès sur le mollet ne donne rien. Sa  bienfaitrice Fatoumata Diaby  pour qui il travaille dans les plantations,  deviendra plus tard sa compagne avec qui il a trois enfants dont le dernier est né en 2016. Son salut viendra de Raman, un jeune burkinabé dont le champ était voisin à celui de Dame Diaby.  En début 1993, il effectue le voyage avec ce dernier au Burkina Faso voisin précisément dans un village nommé Fada N’Gourma. Objet du voyage : rencontrer un guérisseur capable de soigner cette plaie devenue presque incurable. Le voyage n’a pas été vain, sauf que ce dernier lui a demandé de prendre ses distances vis-à-vis de ses parents.  De retour de ce voyage, et avec l’aide de ces économies, il se lance dans la commercialisation des produits agricoles comme le café, le cacao etc.,  avec pour entreprise entremetteuse la SOCOPAP qui a pour Siège Gagnoa. Les choses évoluent bien, les affaires ont prospères sauf qu’il reste coupé de sa famille dont il n’a aucune nouvelle depuis. Il apprendra le décès de sa mère par hasard en octobre 2011. Entre commerces et voyages, il fait la connaissance de la mission catholique de Divo en 1992 et garde jusqu’en 2012, de très bon contact avec l’administration de cette mission notamment avec le père Bertrand. D’ailleurs il en profite pour se convertir au catholicisme.  Il parvient tant bien que mal à renouer les contacts avec sa famille biologique en 2014. Mais les retrouvailles sont très peu chaleureuses. Et pour cause, sa conversion au christianisme. Après une réunion de plus de 5 heures, la sentence tombe : David doit retourner à l’islam. S’il refuse, il sera banni de la famille. Il opte pour la deuxième option. Mais pris de colère, il profite d’un jour de vendredi où la communauté musulmane est à la mosquée et met le feu à la concession familiale. Manque de pot pour lui, il est pris à chasse par une foule qui échappe de peu à le lyncher.

Conscient de l’avis de recherche lancée par sa famille, il ne regagne pas la ville de Divo où il a construit une famille et se rend dans la ville portuaire de San pédro (Sud-ouest de la Côte d’Ivoire). Il y embarque de façon clandestine dans un bateau Coréen en partance pour la Libye avec à son bord du bois de veine. Manque de pot pour lui. Il est interpellé en Libye et emprisonné à la prison de Sabah.  L’enfer sur terre après avoir perdu argent et pièces d’identité.  L’enfer dure six mois et alors qu’il change de prison avec d’autres infortunés, il est pris pour mort et abandonné en chemin.

Mais David a déjà vécu pire. Sauver par un Syrien de passage, ce dernier après lui avoir accordé gite et couvert l’aide à avoir un zodiac en partance pour l’Italie. Avec 115 personnes à bords, ils sont récupérés par un bateau qui les  conduit à Lampedusa avant d’être conduit en autobus à Cecilia puis à Vérone d’où il a pu se rendre en Suisse puis à Munich en  Allemagne où il connait sa première prise d’emprunte. Conduit dans le village de Haren, il emprunte le train pour Mepen. Ne comprenant rien de la langue Allemande,  il se rend à Paris  puis Montpelier.

Comme David, les histoires sont aussi nombreuses que singulières. Mais ne finissent pas toujours par une traversée de « la vallée de la mort ».

 
 
Ouakaltio OUATTARA
 


 
 
 

 

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