Transport urbain : Le diktat des gnambros | Journal d'Abidjan

Transport urbain : Le diktat des gnambros

La prsence des gnambro dans les gares routires est une des causes principales de linscurit en ces lieux.

Depuis plus dune trentaine dannes, ils sont omniprsents dans le secteur du transport urbain en Cte dIvoire. Sans tre des acteurs indispensables, car ne possdant aucun vhicule de transport, ils ont nanmoins russi simposer dans ce milieu et rsistent toutes les mesures visant les en extirper.

Il ne se passe pas une année sans que ces auxiliaires du transport aux méthodes violentes ne s’illustrent sur les routes ivoiriennes, perturbant le trafic et mettant parfois en danger la vie des usagers. Ces badauds, volontaires au départ, qui se proposaient de trouver des passagers aux véhicules de transport en commun (gbakas, wôrô-wôrô) moyennant une rétribution, ont, au fil du temps, été récupérés par des responsables des nombreux syndicats pour devenir leurs bras armés.

Difficiles à extirper Ils sont depuis chargés de collecter les taxes imposées aux opérateurs du secteur, mais aussi de veiller au respect des limites des territoires dévolus à chaque syndicat. Et ils n’y vont pas de main morte. Ils sont nombreux ces Abidjanais qui affirment pouvoir se passer de leurs services, désapprouvant leurs façons de faire. « En tant que passager, je ne vois vraiment pas leur utilité dans les gares routières, à part les bagarres et les désagréments qu’ils causent ici souvent, dans leur seul intérêt … », a confié un usager à JDA.

Même son de cloche à la Coordination nationale des gares routières de Côte d’Ivoire, dont le Président, Adama Touré, avoue l’impuissance des transporteurs face à ce phénomène. «  Nous sommes des opérateurs économiques. Nous payons des taxes à l’État et il est du devoir du gouvernement de prendre des mesures pour nous protéger afin que nous puissions exercer nos activités dans les meilleures conditions », martèle t-il.

Les principaux concernés se défendent et réfutent les accusations portées contre eux, même s’ils reconnaissent ne pas avoir bonne presse à cause des agissements de certains des leurs. Ils estiment être pour beaucoup « dans la sécurisation des gares routières et dans la défense des chauffeurs, qui ont parfois des soucis avec les agents des forces de l’ordre », argue « Bollo », responsable d’un syndicat à Adjamé - Agban. Selon lui, le milieu des  « gnambros » tend à se professionnaliser. « Comme vous pouvez le constater, nos jeunes portent désormais des tenues de travail (des chasubles), pour les différencier des autres et les rendre plus responsables », ajoute-t-il avec un brin de fierté dans la voix.

 

Malick SANGARÉ 

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