CMU: 1 040 436 enrôlés, les Ivoiriens traînent le pas

La Cnam a formé les journalistes sur les avantages de la CMU.

Chacun se souvient de ce geste emblématique du chef de l’Etat en train d’effectuer son enrôleraient pour la couverture maladie universelle (CMU), l e 30 décembre 2014. Près de 4 ans après le lancement de cette opération capitale dans la politique de santé du pays, les premiers bénéficiaires se font toujours désirer. Seulement 1 040 436 personnes inscrites ! C’est du moins ce qui ressort de l’atelier de formation  sur la CMU organisée ce vendredi par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) à l’intention des journalistes de Côte d’Ivoire. Selon Mme Koné Karidja, directrice de l’affiliation à la Cnam, la structure a fait feu de tous bois pour atteindre ses cibles. Communication, sensibilisation, porte-à-porte, etc. À chaque fois qu’une opération devait démarrer sur un site, elle était précédée d’une communication intensive pour mobiliser la population. Mais une fois les agents d’enrôlement sur place, à peine 15% des cibles visées répondait à l’appel. Un autre obstacle, selon Mme Koné Karidja : la disponibilité des sites d’enrôlement, comme au Plateau, où la Cnam a été obligée de se référer aux locaux de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). A l’intérieur, 50% des centres,  d’après elle, sont des préfectures, parce que la collaboration avec les mairies reste toujours difficile. Et quand il fallait se référer à une école, un autre problème surgissait. Il s’agit, au dire de la formatrice, de la question de l’insécurité.  Au Lycée professionnel de Yopougon, par exemple, Mme Koné Kadidja témoigne que c’était des vols de matériel. Au Lycée hôtelier de Cocody, des agents ont été victimes d’agression. Bref, autant de problèmes que les agents et responsables de la Cnam ont bravé, à entendre Mme Koné. A la fin, la structure a même été obligée de lancer des box mobiles. « Il y a beaucoup de choses qui ont été essayées, a souligné Mme Koné. Maintenant il faut aller à la généralisation car ceux qui sont déjà enrôlés nous attendent ». Les autres prendront le train en marche. Mais Dr Brou Christian, directeur des prestations à la Cnam, pense que pour une politique de santé aussi essentielle, il faudra peut-être faire appel à l’enrôlement obligatoire, en exigeant par exemple la carte d’enrôlement pour certaine opération. Le formateur estime que seule la coercition amènera la population à aller s’inscrire. Autre fait sur lequel sont revenus les formateurs : la lutte contre la fraude. Dans le but d’assainir le secteur de la santé des brebis galeuses, la Cnam a annoncé une grille tarifaire des médicaments qui sera rendue public, pour lutter contre l’anarchie des prix. Tous les médicaments auront des codes qui les rendront impossible à surenchérir. S’en suivra la répression. Toute personne victimes d’une escroquerie sur le prix d’un médicament, explique la Cnam, doit dénoncer la personne quelle que soit sa fonction. En outre, si les gens se font avoir, d’après les formateurs, c’est en partie parce qu’ils ne s’informent pas. L’accouchement, par exemple, au dire de Dr Brou est gratuit jusqu’a la césarienne. Mais beaucoup continuent de payer, par ignorance. Autant de choses, qui vont changer avant la mise en application de la CMU. À ce sujet, la date du 1er janvier 2019 est annoncée pour la généralisation de cette assurance maladie qui ne coûte que 1.000 francs CFA et qui offre aux bénéficiaires tellement d’avantages que les autorités ne comprennent pas qu’on puisse traîner les pas pour se faire enrôler.

Raphaël TANOH

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