Mesmin Komoé président du conseil d’administration de la Mugefci (à propos de la prise en compte des fonctionnaires stagiaires): « C’est une injustice que nous réparons »

Mesmin Komoé, espère tenir ces engagements pris pendant la période de campagne.

Dans cette interview, le président du conseil d’administration de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (Mugefci) fait des précisions sur l’accès des fonctionnaires stagiaires aux prestations de la Mugefci.

Vous étiez en séminaire à Bassam où des nombreuses décisions telles que l’accès aux prestations de la Mugefci ont été prises. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette décision ?

Nous étions en séminaire à Bassam le week-end dernier. Outre le conseil d’administration que nous avons tenu à Bassam, nous avons bénéficié d’une formation sur la gestion de l’entreprise mutualiste, une formation sur la règlementation communautaire qui régit les mutuelles sociales et d’une formation sur les systèmes de gouvernance des mutuelles sociales dans la zone Uemoa. Nous avons également pris plusieurs décisions dont une relative à ces personnes qu’on appelle abusivement fonctionnaires stagiaires. Nous pensons que ces personnes doivent avoir accès aux prestations. En effet, il s’agit de fonctionnaires titularisés dans un emploi de la fonction publique mais qui ne sont pas encore salariés. Ils sont en attente de leur premier mandatement. Et, nous sommes convaincu que leurs cotisations vont être perdues parce que dès lors que le rappel des salaires est payé, la Mugefci fait un rappel sur les cotisations de leur période de titularisation jusqu’à la période où le rappel est payé. Ce sont des fonctionnaires qui cotisent à la Mugefci et qui n’ont pas droit aux prestations. Ce n’est pas une faveur que nous leur faisons. C’est une injustice que nous réparons. Nous sommes en train de réfléchir et voir comment aller au-delà. Nous avons demandé à la direction générale de mener une étude sur comment pouvoir prendre en charge les personnes qui fréquentent les établissements de formation de fonctionnaires. De sortes que dès qu’elles sont à l’école, moyennant une cotisation à partir de leurs différentes bourses, puissent être intégrées à la Mugefci.

Vous avez annoncé la mesure de code de validation de bons de prestation, pourtant cela n’est pas effectif sur tout le territoire. Qu’en est-il exactement ?

Nous avons levé cette mesure. Malheureusement, si elle encore en vigueur dans d’autres villes, c’est que les praticiens n’ont pas encore eu l’information. Le service communication va s’atteler à informer l’ensemble des prestataires que cette mesure est levée. La mesure de code de validation a été instaurée pour maitriser les dépenses de prestation qui étaient grevés par la fraude qu’on pressentait assez massive. Malheureusement l’implémentation de cette mesure ne s’est pas fait de façon optimum. Elle a créé plus de désagréments que ce n’était censé résoudre de problèmes. Si les fonctionnaires sont à la Mugefci, c’est pour pouvoir bénéficier des prestations. Dès lors qu’une mesure entrave l’accès aux prestations des fonctionnaires, il faut la supprimer. Pendant la campagne, les mutualistes nous l’ont fait savoir et nous leur avons promis de la suspendre une fois élu. Nous l’avons fait et nous avons demandé à la direction générale de nous trouver des mesures de verrouillage de telle sorte que la fraude n’atteigne pas les proportions  que nous connaissons. C’est pour cela d’ailleurs que nous voudrions aller à la réforme du système de prestation avec une carte appelée carte intelligente. D’ici la fin du premier trimestre, nous aurons fini avec les études relatives à cette carte pour qu’elle soit disponible le plus rapidement possible.

Parlez-nous de la carte intelligente. Comment va-t-elle fonctionner concrètement ?

Il s’agit d’une carte à puce qui va permettre de sécuriser l’utilisation de la carte. Désormais, si vous n’êtes pas propriétaire de la carte, vous ne pouvez pas en être son utilisateur. Cette carte va comporter un code secret à la délivrance et qui sera doublée pour l’adhérent principal d’un système de biométrie. Si vous n’avez pas l’empreinte digitale, vous ne pourrez pas utiliser votre carte. Si par malheur, il n’a plus ses doigts, il pourra contourner le système avec un code qui sera mis à sa disposition. La carte aura une triple fonction. D’abord, elle va servir de carte d’accès. Elle va ensuite servir de carnet de santé parce que la plupart de nos malades sont consultés sans que le médecin n’ait accès à leurs antécédents médicaux et c’est dramatique. En effet, la carte va concentrer sur la puce toutes les informations précédentes sur le statut du patient et permettre une prescription beaucoup plus efficiente. Pour finir, la carte va servir de bons de mutuelle, car nous allons vers la dématérialisation du système. Nous envisageons de faire en sorte que cette carte nous serve de monétique. Nous allons pouvoir nous soigner et vaquer à nos opérations commerciales. 

Vous avez évoqué la mise en place d’un centre d’optique…

Ce n’est pas un projet nouveau. Notre assemblée générale qui s’est tenue il y a à peu près deux ans avait donné autorisation au conseil d’administration d’alors d’ouvrir un centre d’optique. Des démarches ont été faites à ce propos. L’équipement pour l’installation a été acquis. La salle est disponible. Malheureusement, jusqu’à ce jour, le centre n’a pu ouvrir ses portes. Nous avons demandé lors du séminaire à la direction générale de prendre toutes les dispositions diligentes pour que ceci soit une réalité. Parce que nous avons constaté que chaque année, nous dépensons deux milliards de Fcfa dans la lunetterie. Ce besoin est énorme, il est bon que la Mugefci puisse elle-même ouvrir un centre pour que les coûts soient plus maitrisés. Nous ne sommes pas une entreprise commerciale, nous allons privilégier le social sur le bénéfice.

De quelle Mugefci héritez-vous en tant que Pca ?

Nous héritons d’une situation qui n’est pas très confortable. Les frais de prestation ont connu une ascension vertigineuse. L’élan de confiance en la Mugefci fait que de plus en plus de fonctionnaires sont actifs en termes de consommation. Mais nous sommes persuadés que les consommations abusives existent, notamment la surconsommation de médicaments et la surprescription de  certains prestataires. Nous allons nous attaquer à cela. La Mugefci ne doit être qu’à la disposition des mutualistes. Selon les chiffres que nous avons reçus, bien que nous ne fassions pas  75% de la population, certains prestataires font leur chiffre d’affaires à 75 ou 80% avec les bons de la Mugefci. Il est fort à parier qu’il y a des fraudes. 

Que comptez-vous faire pour lutter contre la fraude en attendant l’arrivée des cartes intelligentes ?

Nous n’allons pas laisser les prestations sans suivi. La commission permanente d’audit mise en place à cet effet va suivre les prestations an aval. En amont, nous avons mis en place une commission qui va se charger du suivi et du contrôle de la qualité des prestations. Nous allons mettre des systèmes de verrouillage pour que les fraudeurs qui arrivent à passer les mailles soient infimes.

Avez-vous une adresse à l’endroit des mutualistes ?

Nous renouvelons nos remerciements aux mutualistes pour avoir porté massivement leur choix sur notre équipe. La confiance qu’ils ont placée en nous, nécessite que nous puissions, en retour, leur apporter les meilleurs des prestations possibles. Tous les engagements que nous avons pris pendant la période de campagne seront tenus. Ensemble la main dans la main, nous devons continuer de travailler pour notre santé et notre mieux être.

Interview réalisée par Adélaïde KONIN

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