Abdoulaye Alliagui : « Il faut vulgariser la loi sur le foncier »

Abdoulaye Alliagui, président 2017 de la JCI, souhaite une nouvelle approche des questions foncières

La question des conflits fonciers était au cœur des clivages politiques ivoiriens. La loi votée en 1998 tarde à être exécutée et la Jeune chambre internationale (JCI) Abidjan, a, à la sortie d’un séminaire, proposé des pistes de réflexion au gouvernement. Son président, Abdoulaye Alliagui, nous en livre les grandes lignes.

Vous sortez d’un séminaire de réflexion récent sur la question du foncier rural. Qu’est ce qui a motivé cette démarche ?

Nos réflexions ont porté d’abord sur l’état des lieux du foncier aujourd’hui et sur les propositions qui nous semblent être la meilleure voie pour résoudre les problèmes qui se posent. Le premier objectif de notre séminaire était d’attirer l’attention de tous les acteurs sur les dangers liés au non-traitement ou à la non-satisfaction des problèmes des uns et des autres.

Deuxièmement, nous avons voulu attirer l’attention des populations sur le fait que le foncier est un bien précieux, qui mérite d’être préservé, et, enfin, il s’agissait pour nous de montrer que si le problème du foncier était réglé efficacement nous aurions une économie prospère. Les populations seraient plus disposées à faire de grandes plantations industrielles et la communauté internationale pourrait apporter des financements à tous les acteurs qui interviennent dans ce secteur. Voici les raisons qui nous ont amené à conduire ces réflexions, qui se sont très bien déroulées, le 15 juillet dernier. Notre rapport final sera remis très bientôt au gouvernement.

Quel regard portez-vous sur la réglementation en vigueur ?

L’objet de la JCI n’est pas de critiquer, mais d’apporter sa contribution au gouvernement et à tous les acteurs dans la mise en œuvre des textes qui existent déjà.  La loi en vigueur en ce moment en Côte d’Ivoire est celle de 1998. Mais, quand une loi est adoptée, il faut la vulgariser, il faut permettre que les populations puissent en être imprégnées. C’est surtout à ce niveau-là que notre action s’est située.

Quelles sont vos propositions ?

Au terme de ce séminaire national sur le foncier rural, nous avons pris un certain nombre de résolutions. Considérant la complexité du problème, nous avons pris l’engagement, premièrement, de mener des campagnes de sensibilisation dans les différentes villes, à travers nos sections. La deuxième résolution est une recommandation ferme au gouvernement sur la nécessité de spécialiser les juristes qui interviennent dans les questions foncières. Car un juriste qui intervient très souvent dans des affaires de crimes ou de petits délits ne peut pas avoir la même approche dans un cas de conflit foncier. Il faut donc que le gouvernement adopte des textes pour orienter nos juristes vers la spécialisation dans le domaine du foncier. La troisième résolution, c’est d’inviter les jeunes et les femmes à s’intéresser au foncier. Comme vous savez, ils sont parfois en marge dans la procédure d’obtention du titre foncier. Or, cette frange de la population constitue l’avenir du pays. Nous avons donc pris l’initiative d’encourager le gouvernement et les chefferies traditionnelles à accorder une part importante aux jeunes et aux femmes pour les inciter à revenir vers leurs villages pour y pratiquer l’agriculture et toute autre activité pouvant valoriser leur patrimoine foncier.

Malick SANGARE

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