Chichamania : Les nouveaux dangers de la nicotine

La chicha attire de plus en plus de jeunes à Abidjan

De plus en plus présente dans les cafés, les boîtes de nuits et autres espaces de réjouissances à Abidjan, la chicha prend de l’ampleur chez les jeunes, qui ignorent les dangers de cette nouvelle mode.

La consommation de tabac a pris une nouvelle forme en Côte d’Ivoire, avec l’apparition du narguilé, ou « chicha ». Ces pipes à eau d’origine persane, utilisées principalement en Iran et dans les pays arabes, sont de plus en plus prisées des Abidjanais qui s’y adonnent à domicile ou lors de soirées arrosées dans les night clubs et autres points chauds de la capitale, sans se soucier des risques auxquels ils peuvent être exposés.

Sous couverture Les promoteurs ont trouvé la parade pour la faire adopter par une jeunesse friande de nouveautés et toujours à la recherche de sensations. Ils mettent en avant les différentes saveurs fruitées du produit, tout en omettant sciemment de mentionner que le mélange utilisé est composé à 30% de tabac, de mélasse, d'essences de fruits et de charbon. Une astuce qui marche plutôt bien, d’autant que de nombreux consommateurs affirment qu’il n’a rien de nocif et procurerait même « une bonne haleine ». Pourtant, le Docteur Josiane Kouassi de la Croix Bleue, interrogée par JDA, affirme qu’« un non-fumeur présent dans un bar avec des fumeurs court les mêmes dangers, car la chicha dégage de la fumée émanant du charbon et que ses utilisateurs expulsent des substances toxiques ». Une étude de l’Organisation mondiale de la santé publiée en mars 2015 indiquait qu’un fumeur de cigarettes absorbait un demi-litre de fumée par cigarette, tandis qu’un usager de chicha pouvait en absorber entre un sixième de litre et un litre. Le taux de monoxyde de carbone inhalé dans le narguilé est sept fois plus important que dans une cigarette et la fumée provenant d’une chicha délivre la même quantité de pollution que 15 à 52 cigarettes.

Comme la cigarette, la chicha, outre la dépendance à la nicotine qu’elle peut engendrer, expose à des risques cardiovasculaires. La pipe se transmettant d’une personne à une autre, il y a aussi de gros risques de transmission de  maladies comme l’herpès, la tuberculose et les hépatites. A long terme, ses usagers pourraient développer des cancers du poumon, de la vessie ou même de la bouche, selon les scientifiques.

En Côte d’Ivoire, 5 000 personnes décèdent chaque année du fait du tabagisme. On peut craindre une augmentation de ce taux  avec le développement de la Chichamania.

 

Malick Sangaré

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