Déguerpissement : nouvelle opération, même approche, même échec ?

Des doutes subsistent sur le succès de cette énième opération de déguerpissement.

Le boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé avait les airs d’une artère morte en ce 9 octobre. Ce haut lieu du commerce, où promiscuité et désordre font bon ménage, a été investi dès les premières heures de la journée afin de faire déguerpir pour la seconde fois en un an certains commerçants.

Ils ne s’y attendaient pas, les commerçants occupant les abords du boulevard Nangui Abrogoua, principale artère de la commune d’Adjamé. Ce n’est pourtant pas la première fois que ce centre commercial est investi par les services du ministère de l’Environnement, de la salubrité et du développement durable, dans le cadre de l’opération « Grand ménage », visant à rompre avec l’insalubrité endémique qui y règne.     

Chasser le naturel …  L’opération fut semblable aux précédentes. Déguerpis le 9 octobre, les commerçants n’ont pas attendu 48 heures pour envahir de nouveau le boulevard, long d’environ 2 kilomètres. Cette seconde opération, qui intervient moins de dix mois après la première, n’aura pas obtenu les résultats escomptés. La chaussée et les passages piétons ont été repris d’assaut par les vendeurs et les immondices s’amoncèlent déjà. « La belle opération d’hier aura accouché d’une souris. L’incivisme est devenu une seconde nature chez certains Ivoiriens », s’est indigné un usager de ce tronçon, qui n’a pas manqué d’en appeler à la responsabilité de tous pour la préservation de l’espace public. L’appel de la ministre Anne Ouloto, qui disait « nous ne nous attaquons pas à leurs activités, mais nous ne voulons pas que la santé et la vie de la communauté soient mises en danger », est vraisemblablement tombé dans des oreilles de sourds. Pour le sociologue Dr Ignace Kouamé, il ne faut pas « s’attendre à un miracle tant que les autorités se contenteront de mener toujours les mêmes opérations  ». Selon lui, il faut associer « sensibilisation, action, répression et travail sans corruption ». Car on fait face à des commerçants dont le laxisme des gouvernants a « favorisé » l’installation depuis une vingtaine d’années. Ceux-ci mettent en avant le fait d’avoir été placés par des agents « qui encaissent des taxes  ». Information confirmée par une source, qui a requis l’anonymat, à la mairie. Adjamé, commune commerciale, tire une bonne partie de ses recettes des commerçants installés sur cet axe. « Il est donc clair qu’aucun maire de la commune ne jouera franc jeu dans ces opérations tant qu’une alternative rentable ne lui sera pas proposée

Malick SANGARE

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