Nash : « Il nous faut insérer les enfants de la rue »Ancre

Ambassadrice de l’UNICEF, Nash compte être plus présente aux cotés des enfants de la rue.

Depuis le 1er avril dernier, la rappeuse ivoirienne Natacha Flora Sonloué, dite Nash, est ambassadrice de l’UNICEF pour la cause des enfants démunis et vulnérables en Côte d’Ivoire. Dans cette interview à JDA, l’artiste nous explique comment elle voit ses nouvelles fonctions.

Comment te sens-tu dans tes nouveaux habits d’ambassadrice ?

C’est une joie pour moi d’avoir été nommé ambassadrice de l’UNICEF. C’est un travail de longue haleine qui a été reconnu. Personnellement, j’adore les enfants et je me dis qu’il faut leur tendre la main. Il faut les soutenir parce que la place d’un enfant n’est pas dans la rue, c’est à l’école ou dans sa famille. En tant que modèle pour ces enfants, il me fallait faire quelque chose pour eux.

Quels sont les critères qui ont milité en ta faveur ?

L’UNICEF m’a suivi pendant un an et a vu les actions que j’ai posée avant de décider de me nommer ambassadrice. Grâce à l’originalité de mon style et au langage que j’utilise (le nouchi, argot ivoirien), j’arrive à communiquer plus facilement avec les enfants, à être proche d’eux et à leur transmettre des messages de sensibilisation à travers la musique. Ce sont tous ces éléments qui ont motivé l’UNICEF à me décerner ce titre.

Quelles seront tes missions ?

J’essaye de m’occuper des enfants de la rue et, avec l’UNICEF, nous essayons de les insérer dans les centres sociaux. Au centre Amigodoumé, nous avons pu faire entrer quatre enfants de la rue. En fonction de leur âge nous sommes en train d’identifier d’autres centres sociaux, afin que certains enfants puissent y être placés et vivre dans des conditions meilleures. Ils pourront apprendre des métiers comme la menuiserie, l’élevage, l’agropastoralisme et autres. Il y a un travail que nous faisons pour qu’ils sortent de la rue, regagnent l’école pour certains ou apprennent un métier pour d’autres, afin de pouvoir s’assumer demain.

Qu’en est-il de ceux des villes de l’intérieur du pays ?

Je ne peux changer le monde, mais je peux apporter ma pierre pour le rendre plus heureux pour certains. Cela fait partie de mes missions. J’ai partagé récemment mon expérience à Korhogo dans un centre social avec des jeunes filles et de jeunes garçons. Ils m’ont fait part de leurs préoccupations et nous allons essayer de travailler ensemble. Nous allons retourner là-bas pour un spectacle. Nous irons bientôt à Man, Duékoué, Bouaké, M’Bahiakro et d’autres villes du pays, avant de terminer par Abidjan.

Il y a aussi le fléau des enfants en conflit avec la loi (les « microbes »). Avec ton titre d’ambassadrice, comment comptes-tu faire face à cette problématique ?

Je ne peux pas prétendre mettre fin seule à ce phénomène des enfants « microbes ». C’est parce que ces enfants sont dans la rue et qu’ils n’ont pas d’aide qu’ils s’adonnent à ces actes. Ceux que nous pourrons sortir des rues leur serviront d’exemples. Il faut pouvoir leur offrir autre chose que l’oisiveté. Il nous faut déjà travailler dans ce sens.

Tu t’exprimes beaucoup en nouchi. Les enfants arrivent-ils parfaitement à saisir tes messages ?

Bien sûr que oui ! Tous ceux qui sont dans la rue ne parlent pas le français. C’est pourquoi ils arrivent à se confier à moi. L’UNICEF ne m’a pas choisi de façon fortuite.  Ils sont conscients qu’ils n’arrivent pas à toucher tous les enfants et qu’il faut des personnes comme moi.

Quels sont les avantages que tu tires de ce titre d’ambassadrice ?

D’abord, il faut comprendre qu’il n’y a pas de salaire. L’avantage principal est que ce titre me donne la possibilité de bien mener mes actions sur le terrain. En même temps, l’UNICEF m’accompagne dans mes différents évènements, dans les projets que j’ai à mener dans le cadre de ma mission. Pour moi, c’est un gros avantage.

Propos recueillis par Anthony NIAMKE

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