Ha´ti : Un pays, deux prÚsidents

Haiti est plongÚ depuis plusieurs jours dans un imbroglio institutionnel qui a conduit lĺopposition Ó dÚsigner un prÚsident de transition en lieu et place de Jovenel Mo´se, dont elle estime le mandat terminÚ.

Depuis le 8 février, les onze millions de Haïtiens ont deux dirigeants. Jovenel Moïse, 52 ans, élu en 2016 avec un taux de participation de 21% et rejeté par une majorité qui estime qu’il a failli et que son mandat est terminé. Et Joseph Mécène Jean-Louis,  haut magistrat de 72 ans, désigné par l’opposition pour « une transition » de deux ans, qui demande à Moïse de céder son fauteuil. Après l’arrestation du juge à la Cour de Cassation Yvickel Dabrésil, qui devait être installé par l’opposition comme Président provisoire, le choix s’est finalement porté sur le deuxième juge le plus ancien de la Cour de Cassation. Dans un message vidéo, il a lu un court discours dans lequel il déclare « accepter le choix de l'opposition et de la société civile pour servir son pays comme président provisoire de la transition ». En réponse, Jovenel Moïse a pris un arrêté présidentiel mettant à la retraite les 3 plus anciens membres de la Cour de Cassation. Il s’agit des juges Yvickel Dieujuste Dabrézil, Wendelle Coq Thelot et Joseph Mécène Jean Louis.

Le grand bazar

Au cœur de cet imbroglio, la fin du mandat de Jovenel Moïse. Ce dernier soutient qu’il court jusqu’au 7 février 2022. Mais cette date est dénoncée par une bonne partie de la population haïtienne et par l’opposition, selon lesquelles le mandat de cinq ans de M. Moïse est arrivé à terme le dimanche 7 février 2021. Ce désaccord de date est né du fait que M. Moïse a été élu lors d’un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard. Aucune institution haïtienne ne peut aujourd’hui légalement départager les deux camps, qui refusent tout dialogue. Le Conseil constitutionnel, qui aurait dû trancher sur la durée du mandat présidentiel, n’existe que sur le papier. Le pays ne dispose pas non plus de Parlement. Les législatives qui devaient être organisées en 2019 ne l’ont pas été, rendant du coup inopérante l’assemblée dès janvier 2020, date de fin du mandat des parlementaires. La communauté internationale réclamant de nouvelles élections législatives, Jovenel Moïse a répondu par un référendum modifiant la Constitution. Programmé pour le 25 avril, il repousserait législatives et présidentielle à septembre et lui permettrait de gouverner par décret jusqu’en 2022.

Boubacar Sidiki Haidara

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