Cacao: La Côte d’Ivoire fait le bonheur du Ghana

La fin de la fuite de l’or brun ivoirien vers le Ghana n’est pas pour demain

En difficulté pour satisfaire ses clients, les producteurs ghanéens de cacao s’approvisionnent, cette année encore, sur le marché ivoirien. Conséquence, les prévisions annoncent près de 140 000 tonnes de fèves qui devraient traverser les frontières ivoiriennes.

Jusqu’à fin mars, les autorités du Ghana, second producteur mondial, craignaient de ne pas pouvoir satisfaire les commandes. Déjà, lors de la campagne 2015-2016, le Ghana cacao board (GCB) enregistrait une production de 778 000 tonnes, alors que le seuil de la production était fixé à 850 000 tonnes. Mais pour la campagne 2016-2017, cette instance en charge du secteur se frotte les mains.

 

Percée ghanéenne Selon un responsable du Conseil café-cacao rencontré lundi 26 juin, à l’ouverture de la 10è session plénière du Comité européen de normalisation (CEN TC 415) à Abidjan, la quantité de fèves de cacao ayant quitté la Côte d’Ivoire par contrebande pour le Ghana, a dépassé les 80 000 tonnes, et devraient atteindre 140 000 tonnes d’ici la fin de la campagne intermédiaire, soit une perte de plus de 150 milliards pour l’économie ivoirienne. Quant au Ghana, il devrait atteindre un record de 882 175 tonnes pour la campagne 2016-2017, un niveau jamais atteint depuis plus de 6 ans. Selon la même source, la contrebande a connu un pic au mois d’avril, après que la Côte d’Ivoire ait fixé le prix bord champ à 700 francs CFA, contre 1 100 FCFA lors de la grande campagne. « Le Ghana en difficulté face à ses commandes, a maintenu ses prix à 900 Francs CFA », explique-t-il. Le voisin ghanéen a toujours fixé ses prix bords champs après la Côte d’Ivoire, une stratégie qui permet de faciliter la contrebande de la fève ivoirienne vers ses frontières.

 

Manque de volonté ? Depuis 2011la Côte d’Ivoire a entamé de profondes réformes du secteur, notamment la politique du prix bord champ et l’accentuation des contrôles frontaliers. Durant quatre campagnes, le gouvernement avait appliqué les mêmes prix pour la campagne principale et la campagne intermédiaire. Cela avait permis de réduire considérablement la fuite de l’or brun vers le Ghana, notamment avant la chute des cours mondiaux en décembre 2016. Mais pour ce qui est des contrôles, ils demeurent encore un casse-tête, avec une longueur frontalière de 668 kilomètres, reconnaît ce haut fonctionnaire du Conseil café-cacao. Pour lui, la Côte d’Ivoire devra faire l’effort de maintenir ses prix plus haut, « afin de mettre fin à cette contrebande devenue une seconde mamelle pour la production ghanéenne. »

 

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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