Forum PPP Afrique : « Ce seront 2 jours intenses, très riches en formation et réseautage »

Dans le cadre de la première édition du Forum Partenariat Public – Privé (PPP) Afrique, qui se tient les 24 et 25 octobre à Paris, Daouda Coulibaly, Président directeur général (PDG) de TRAINIS, organisateur de l’évènement, se prononce sur ses grandes lignes. 300 participants, dont 200 acteurs africains du secteur, y sont attendus.

À quoi répond cette formation ?

Dans nos thématiques de formation, cela fait quatre ans maintenant que nous travaillons sur le Partenariat public privé (PPP). Ce n’est pas nouveau pour nous et nous avons vu qu’il était important de mettre en place un cadre de rencontre entre les acteurs et les États africains. Les PPP sont à la mode en Afrique, mais les gens ne savent pas concrètement en quoi consiste ce concept. Nos formations servent donc à donner des bases, des outils, des clés. Mais, une fois que cela est fait, nous avons constaté qu’ils ont des difficultés pour entrer en contact avec les autres acteurs, ceux qui peuvent les accompagner dans le processus. Ce sont entre autres les cabinets d’avocats spécialisés, les sociétés d’investissement, qui peuvent éventuellement leur apporter du financement, ou encore les cabinets d’analyses financières. Nous avons donc senti que le besoin était là.                

À quoi doivent s’attendre les participants ?

 Les participants doivent s’attendre à faire un maximum de rencontres B2B (Business to business), qui vont leur ouvrir des perspectives, mais aussi à suivre des modules de formation. Il y en aura 4. Les participants seront formés sur des cas concrets, comme par exemple monter un contrat PPP ou encore voir comment on peut rechercher des financements. Il y aura également des conférences animées par des acteurs de success stories sur le continent africain, pour un partage d’expérience avec les participants. Il y a ensuite les panels de discussion. Il y en aura un sur l’énergie et un sur le financement des projets PPP, entre autres. Ce seront donc deux jours intenses, très riches en formation et en informations, mais aussi en réseautage.      

N’avez-vous pas l’impression que les forums sont à la mode mais qu’ils produisent de faibles résultats?   Effectivement l’appétit est nouveau sur le concept mais il faut dire que le concept lui-même n’est pas nouveau en Afrique. Au Mali par exemple, il y a des exemples de PPP. On peut citer l’un des plus récents qui est la centrale solaire de Ségou qui va être faite en PPP. Les passeports maliens sont aujourd’hui faits grâce à un PPP avec une entreprise française. Ce sont des milliards de francs CFA qui sont mobilisés pour mettre en œuvre ces projets. On appelle ça chez nous la délégation de services publics, c’est une des formes de PPP. Il y a aussi la concession et le contrat de marchés ou c’est l’Etat qui paie directement l’opérateur privé.  La Côte d’ivoire est dans notre région UEMOA le pays où le concept du PPP est bien compris et très développé. Cela date des années 60, avec la première centrale électrique thermique du pays. Aujourd’hui il y a un projet, qui sera d’ailleurs mis en avant lors du forum, c’est le 3ème pont d’Abidjan. Cette infrastructure a été réalisée et est gérée aujourd’hui sans que l’État ivoirien n’ait eu à sortir un franc. Et les recettes permettront de remplir les engagements des uns et des autres, tout en participant à l’embellissement et à la fluidité de la circulation dans la ville. Les acteurs seront là pour nous en parler. Le fait que la dynamique soit relativement récente en

Afrique s’explique par plusieurs raisons. Les premiers projets n’avaient pas eu le succès escompté, parce que non portés réellement par les bailleurs de fonds. Maintenant la donne a changé, parce que les besoins se sont accrus, les États n’ayant plus les ressources pour faire face à des investissements de grande envergure. Ils se sont tournés vers le développement d’infrastructures et les financements disponibles auprès des bailleurs de fonds sont insuffisants. D’où la nécessité de se tourner vers les financements privés. Ce forum aidera les États à s’informer, à s’imprégner de tous les contours de ce que peut leur apporter ce genre d’opportunités.                  

Pourquoi ce forum pour l’Afrique se tient-il hors du continent ?

Nous sommes une entreprise africaine, basée en Afrique, même si nous intervenons en France pour les formations, comme pour ce forum. Paris, parce que les PPP sont un mécanisme que nous pensons être utile au développement des États. Aujourd’hui, les investisseurs privés ne s’intéressent pas énormément à l’Afrique. Nous voulons donc faire se rencontrer les investisseurs et les Africains pour qu’ils voient que le continent est désormais ouvert, que c’est une terre d’opportunités. Le cadre règlementaire est en train d’être amélioré en fonction du mécanisme PPP, donc les choses vont dans le bon sens. La prochaine édition aura lieu certainement en  Afrique, soit à Abidjan, soit à Kigali, pour permettre à chacun de voir ce qui se fait sur le continent et les opportunités qui sont offertes.

Ouakaltio OUATTARA et Celia d'AlMEIDA

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