4ème opérateur : cela en vaut-il le coût ?

Une quatrième place au goût amer.

Après le retrait des licences des sociétés Comium, greenN, Warid et Café Mobile, silence radio sur l’arrivée d’un quatrième opérateur pourtant annoncé en grandes pompes. Fort des mauvaises expériences passées, le gouvernement hésite encore à délivrer une nouvelle licence.

Cinq mois après le retrait de 4 licences d’exploitation de téléphonie mobile par l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), aucun investisseur ne pointe à l’horizon. De source proche du dossier, l’on indique que le gouvernement se résout à lancer un appel à manifestation d’intérêt pour attirer un nouvel opérateur, afin de combler ce vide, mais surtout pour aider les 300 à 400 travailleurs au chômage, suite au retrait des licences. Instruit par l’expérience que le secteur vient de connaitre avec les opérateurs défaillants, le choix d’un nouvel entrant se fera de manière plus rigoureuse, pour éviter qu’il ne soit financièrement défaillant.

Lourds investissements
« Des offres ont été reçues. Sauf que celles-ci ne donnent pas la certitude qu’on ne va pas tomber dans les mêmes travers», révèle notre source. Sous le sceau de l’anonymat, elle révèle par ailleurs que « tous ceux qui ont manifesté leur intérêt ont été appelés afin de leur présenter les contraintes qui les attendent». Notamment la nécessité de combler leur retard en investissement, au bout de deux ans. Il faut en effet être capable d’investir entre 120 et 150 milliards de francs CFA. Un montant qui pourrait grever la rentabilité du nouveau venu, surtout qu’il lui faudra aussi massivement investir dans le marketing et la communication pour prendre des parts de marchés aux trois opérateurs déjà bien implantés, Orange, MTN et Moov, récemment passés sous la coupe de Maroc Telecom. Cela dit, indique notre source, « on ne peut non plus exempter ces candidats 3 opérateurs sur le marché. Entre 120 et 150 milliards d’investissements. 22 millions d’abonnés. du paiement de la licence au détriment des autres. Ils devront donc, en plus des investissements, payer 100 milliards pour la licence. Il est évident que cela va empirer leurs difficultés ». D’où l’idée d’envisager que l’État prenne des actions du capital du futur opérateur. à charge pour lui de les revendre plus tard, sans que cela n’impacte le business de l’entreprise qui aura raflé la mise. Le dossier est monté et transmis au gouvernement. « Un dossier dont le traitement prend du temps, du fait de la complexité de l’opération ».

Couverture nationale limitée

Côté technique, le réseau spectral dont dispose la Côte d’Ivoire permet de servir, de façon optimale, trois opérateurs. Alors que le pays en comptait sept. Ce qui obligeait à un « saucissonnage trop étroit des bandes de fréquence qui sont limitées ». Le 4ème opérateur devra donc se contenter d’en avoir moins.

En contrepartie, il ne lui sera sans doute pas demandé une couverture nationale à 100%, comme les autres. C’est le lieu de souligner que le gouvernement ivoirien a initié un vaste programme de développement du numérique, avec des objec- tifs opérationnels précis et engageants : atteindre avant 2020, une couverture de la population ivoirienne proche de 98% en services de téléphonie. Aujourd’hui, le nombre d’abonnés aux réseaux de téléphonie mobile est estimé à près de 22 millions. Le secteur contribue à hauteur de 300 milliards de francs CFA au budget de l’État.

Benoît Tanoh

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