Lutte contre la cherté de la vie : L’anarchie

Les prix des produits de grandes consommations varient d’une boutique à une autre.

Cela fait plusieurs années que les gouvernements successifs essayent de lutter contre la cherté de la vie. Mais les décisions de plafonnement des prix ont du mal à s’appliquer à long terme. C’est le cas du dernier décret officiel.

Pris le 12 juillet 2017 dans le cadre des mesures de lutte contre la cherté de la vie, le décret portant plafonnement des prix et marges de certains produits n’a pas été reconduit. Il devait durer 6 mois. Aujourd’hui, une sorte d’anarchie comble le vide juridique. Afin de mesurer l’ampleur du problème, nous avons parcouru quelques boutiques et magasins de la capitale.

Spéculation Le prix du kilo de sucre, qui était établi entre 700 et 850 francs CFA, n’est respecté qu’à moitié. Il coûte le plus souvent 900 francs. La bouteille d’huile de 0,9 litre, qui devait coûter selon le décret 875 francs CFA, a été majorée de 125 francs. Marius Comoé, Président de la Fédération des associations des consommateurs actifs de Côte d'Ivoire (Facaci) confirme : « nous avons aussi mené notre enquête. A Yamoussoukro, par exemple, on paie le bidon d’huile de 90 cl entre 1 400 et 1 500 francs CFA. Mais là où règne l’anarchie sous toutes ses coutures, c’est sur le marché du riz ». D’une boutique à une autre on note une différence allant de 500 à 3 000 francs sur les prix au sac, parfois dans la même commune.  

Trafic Il y a pire. Le sachet de riz long grain Oncle Sam contient souvent une variété de mauvaise qualité. « Il n’y a pas que ce riz qui est contrefait. Plusieurs riz de luxe le sont », confirme N’faly Ben Soumahoro, Président du mouvement des consommateurs « Le réveil ». Farikou Soumahoro, Président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d`Ivoire, en est conscient. « Nous avons travaillé avec le ministère du Commerce pour faire respecter les prix. Le produit qui cause le plus de problèmes est le riz, simplement parce qu’il y a de nombreuses variétés et de multiples emballages. Sans oublier le transport. Les commerçants vont chercher le riz au port et payent entre 60 000 et 100 000 francs CFA pour l’amener sur les marchés ». Mais il reconnaît que certains membres de la corporation trichent. « Il y a des riz trafiqués. Nous essayons de lutter contre cela ». Auministère du Commerce, il se murmure qu’un autre décret pour le plafonnement des prix n’est pas à exclure.

Raphaël TANOH

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