Cacao : Côte d’Ivoire et Ghana gèlent leurs ventes

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de suspendre les ventes des fèves de cacao. Une politique qui marque la volonté des deux premiers producteurs mondiaux d’influencer les prix.

La chute des cours qui a frappé les deux premiers producteurs mondiaux de fèves de cacao semble avoir fouetté leur orgueil. Après s’être longtemps regardés en adversaires plutôt qu’en partenaires, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont décidé de mettre de côté leur rivalité afin de tirer le meilleur de leurs productions cacaoyères.

Sur la bonne voie Les ventes de cacao pour la campagne à venir 2019 - 2020, prévue pour démarrer le 1er octobre, ont été arrêtées, selon les officiels des deux pays. Une politique qui s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les deux producteurs, qui fournissent plus de 65% du cacao mondial, pour obtenir des acteurs de la chaîne de valeur qu’ils donnent aux agriculteurs un prix équitable pour assurer la subsistance de l’industrie cacaoyère. En vertu d’un arrangement pour un prix plancher, les deux pays ont convenu qu’aucun d’entre eux ne vendrait ses produits sur le marché international en deçà de ce montant. Comme arrêté d’un commun accord il y a près de deux ans, la Côte d’Ivoire et le Ghana travaillent à fixer un prix bords champs commun qui contribuera à mettre fin à la fuite du cacao ivoirien vers son voisin et profitera aux producteurs. Cette politique est également la résultante de la réforme, en 2012, du secteur chez le leader mondial de la fève, la Côte d’Ivoire. 70% à 80% du cacao se vendait dans le cadre d'enchères quotidiennes, ce qui permettait de déterminer le prix garanti aux planteurs au démarrage de la nouvelle campagne.  Mais, suite aux nombreux défauts de contrats lorsque le cours mondial du cacao s'est effondré en 2016 – 2017 et que des exportateurs, notamment locaux, n'étaient pas couverts, et à la volonté politique de se rapprocher de leur voisin, n° 2 mondial, le Ghana, les autorités ivoiriennes ont décidé de vendre par anticipation leur cacao sur la base de contrats de gré à gré à des opérateurs mondiaux de premier plan, comme Barry Callebaut, Cargill, ADM, Olam et Touton. La règle de base  désormais, selon le formulaire d'opérationnalité du Conseil café cacao (CCC), étant que les opérations d'un seul opérateur ne puissent excéder 110 000 t sur la campagne principale, à raison de 70 000 t sur octobre - décembre et 40 000 t sur janvier - mars.

Ouakaltio OUATTARA

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