Lassina Fofana, DG de la CDC : « Nous avons vocation à aider l’État »

La Caisse des dépôts et consignations de la Côte d’Ivoire (CDC - CI) se veut être un acteur majeur dans la transformation structurelle de l’économie du pays. Dans cette interview à JDA, son Directeur général, Lassina Fofana, explique les missions de cette structure.

Qu’est-ce que la Caisse des dépôts et consignations ?

La Caisse des dépôts et consignations est un établissement public à caractère financier doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière qui a pour objet de mobiliser, sécuriser et gérer les fonds publics et privés définis par la loi. La Caisse, de par ses missions, a vocation à financer l’économie de la Côte d’Ivoire à travers des investissements d’intérêt général et des investissements financiers.

À quoi répond sa création ?

La Côte d’Ivoire a adopté deux plans de développement, le PND 2012 - 2015 et le PND 2016 - 2020. Ils constituent la boussole en matière d’investissements de l’État, avec pour objectif de transformer structurellement l’économie de la Côte d’Ivoire. Ce qui va engendrer des investissements massifs et nécessite de mobiliser davantage de ressources, avec l’obligation de mettre en place des mécanismes innovants de mobilisation de ces fonds. D’où la nécessité de mettre en place une Caisse des dépôts qui a pour missions de mobiliser, sécuriser et gérer des ressources longues et d’investir également sur le long terme. C’est donc pour répondre aux objectifs du PND et pour accompagner la Côte d’Ivoire dans la transformation structurelle de son économie qu’il était important de se doter d’un outil innovant, capable d’accompagner cette mutation.

Depuis la création de la Caisse, quel bilan pouvez-vous dresser ?

La CDC - CI a été créée le 13 juin 2018 par la loi N°2018-574. Les organes de surveillance et de direction ont été mis en place respectivement en décembre 2018 et février 2019. Depuis, nous avons trouvé des locaux où nous sommes installés, sur la Rue des banques. Nous avons également procédé au recrutement des personnes essentielles au démarrage des activités. Ensuite, nous avons entrepris une série de rencontres avec nos partenaires, notamment les professions juridiques (notaires, greffiers, avocats, etc.), les sociétés de concessions de services publics (CIE, SODECI), l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics, la CGRAE, l’Association des Sociétés d’Assurance (ASACI), l’APBEF-CI. Tout cela pour informer, sensibiliser et faire connaître la CDC - CI, en vue de créer un cadre formel de collaboration profitable à toutes les parties. Au plan extérieur, nous avons fait connaître la CDC - CI lors de divers meetings, notamment les forums des Caisses de dépôts de Paris et Dakar, et en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale au printemps dernier à Washington.

« La Caisse des dépôts et consignations de Côte d’Ivoire doit être une institution rentable et pérenne, menant des interventions structurantes avec un impact significatif et un fort effet de levier sur l’économie nationale ». Dans la pratique, qu’est-ce que cela veut dire ?

La Caisse est un modèle économique qui doit être rentable, c’est-à-dire que les actions et les investissements qu’elle fait doivent amener des retours afin d’appuyer efficacement les politiques publiques. La CDC - CI peut par exemple aider les TPE - PME pour les rendre plus compétitives et participer à la création d’emplois. Elle doit pouvoir soutenir et accompagner les collectivités dans leurs investissements et participer ainsi à un développement équilibré des régions.

Comment comptez-vous mobiliser des ressources longues et investir dans des projets à long terme dans l’intérêt général ?

La loi créant la CDC - CI précise les ressources à mobiliser. Il s’agit pour nous de rencontrer tous les acteurs avec lesquels nous devons travailler et d’échanger avec eux, dans une approche participative et collaborative avec pour objectif final le transfert à la CDC - CI des ressources identifiées par la loi.

Un objectif de plus de 800 milliards de francs CFA en 2026. Est-ce réalisable ?

Dans le cadre de l’étude de faisabilité de la Caisse, les ressources mobilisables ont été évaluées selon des hypothèses basses à 812 milliards de francs CFA à l’horizon 2026. Ce qui veut dire qu’en nous basant sur des hypothèses moyennes, cet objectif sera atteint et même dépassé, ce qui n’est pas impossible. Nous avons l’ambition de le dépasser. Tout est une question d’approche, de sensibilisation des différents acteurs. Nous allons nous employer à cela. Ces ressources pourront être investies dans des projets structurants et bénéficier aux entreprises privées, aux collectivités et, in fine, aux populations.

Quelles sont les ressources dont dispose la Caisse ?

Les ressources de la CDC - CI sont notamment les produits générés par ses activités propres, les résultats comptables de l’année qui lui sont affectés, les ressources mobilisées sur les marchés financiers, les ressources des professions juridiques, Avocats), les fonds d’épargne et de prévoyance, les diverses cautions (CIE, SODECI). Il y a également les cautions sur les loyers d’habitation, celles sur les marchés publics, les épargnes, les fonds en déshérence provenant des contrats d’assurance vie, les fonds des comptes dormants, les fonds de liquidation des entreprises publiques et des établissements financiers publics, etc. Autant de ressources que la loi met au profit de la CDC - CI.

Propos recueillis par Anthony NIAMKE

 

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