SUCRIVOIRE : l'état s'est bien sucré

Le prix du sucre se porte bien sur le marché international.

Pour 13 000 francs CFA, tout ceux qui le souhaitaient ont pu s’offrir des actions de la société Sucrivoire. Le 5 octobre dernier, l’État a cédé ses parts dans cette entreprise qui, en 2014 et 2015, a distribué 8 milliards de francs CFA au titre des dividendes.

L'État ivoirien a procédé à la cession de ses 563 500 actions, représentant 23% du capital de l’entreprise Sucrivoire, à travers une Offre publique de vente (OPV). Cha- cune des actions était proposée au prix de 13 000 francs CFA pour les investisseurs autres que les salariés de l’entreprise. Sitôt la vente démarrée sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) par l’opérateur BOA Capital Securities, une filiale du groupe Bank of Africa, nombreux sont les acquéreurs qui se sont manifestés.

Engouement

Cette forte demande a provoqué la clôture anticipée de l’OPV le 6 octobre dernier, assure sous couvert de l’anonymat, un responsable des marchés de capitaux de la BICIBOURSE, joint au téléphone. Explication de cet engouement : « Sucrivoire occupe une place importante sur le marché ivoirien du sucre, notamment sur un marché boursier en pleine croissance », indiquait le 30 septembre Eco- fin, l’agence d’information éco- nomique africaine. Par ailleurs, révèle cette source, « les prix du sucre ont augmenté de près de 52,36% depuis le début de l’année 2016, et cette hausse devrait se poursuivre jusqu’en 2017 en raison du déficit de pro- duction, selon des analystes de Platts, la branche matières premières de la Standard Bank. Un beau coup donc pour l’État ivoirien qui au terme de cette opération, devrait pouvoir engranger une plus-value de 9 milliards de franc CFA.« Cette opération s’inscrit dans le cadre de la ratio- nalisation des participations de l’État au capital des entreprises nationales et des sociétés à participation financière publique », a expliqué Christian Koffi, le président du comité de privatisation, lors de la cérémonie de lan- cement le 4 octobre dernier. Pour sa part, Omo Dele Egue, le directeur général de BOA Capital Securities, arrangeur et chef de file du syndicat de placement, « l’opération a été autorisée par le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers le 21 septembre 2016», et les souscriptions avaient lieu dans les 8 pays de la zone UEMOA.

Rentabilité forte
Sucrivoire, qui emploie 7 400 salariés, dont environ 650 permanents, partage la production sucrière nationale, estimée en 2014 à environ 200 000 tonnes, avec le second acteur local SUCAF, filiale du Groupe Castel. Elle exploite plus de 11 000 hectares de plantations industrielles de canne à sucre, répartis autour de ses deux sites industriels de Borotou et Zuénoula, dans l’ouest du pays. Sucrivoire a produit 95 304 tonnes de sucre en 2015, pour un chiffre d’affaires de 47,7 milliards de francs CFA, contre 49,2 milliards francs CFA l’année précédente. Malgré cette baisse, la marge brute d’exploitation s’est élevée à 34% en 2015 contre 31,7% en 2014, pour un résultat net de 5,86 milliards de francs CFA. Outre les 23% du capital désormais sur le marché, 51,5% des actions de Sucrivoire sont détenues par le groupe SIFCA, et 25,5% par le mauricien Terra Mauricia (ex-Harel Frères). Depuis 2012, la direction de l’entreprise a enclenché un programme d’investissements de 37,8 milliards de francs CFA pour renouveler les équipements et surtout augmenter la production.

Benoît TANOH

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