Situation sociopolitique : Les transporteurs payent très cher

Ils n’ont pas encore estimé les pertes subies lors de la crise de la Covid-19 entre mars et juin, lors de la fermeture d’Abidjan. Voici que les transporteurs doivent faire face aux perturbations dans leur secteur depuis l’appel à la désobéissance civile lancé par l’opposition.

Une compagnie de transport de cars faisant la ligne Bonoua - Abidjan, entièrement partie en fumée fin octobre. Une dizaine de bus de la Sotra incendiés depuis le début des manifestations de l’opposition. 4 véhicules de transport en commun (3 minicars (Gbaka) et 1 taxi communal (Woro-woro) incendiés au petit matin du mardi 20 octobre. Une circulation perturbée par des manifestants sur certains axes du pays. Voici les difficultés auxquelles doivent faire face désormais les transporteurs ivoiriens.

Lourde facture Adama Yéo, porte-parole des Chargeurs, également Président du Groupement des chauffeurs, révèle que les transporteurs sont en réflexion afin de trouver des mesures pour protéger leurs activités. Pour l’heure, de source proche de ces transporteurs, ce sont en moyenne, et par jour, des pertes estimées dans l’ensemble à près de 15 milliards de francs CFA. « Avec les nombreux barrages, certains sont contraints de garer leur cars et les plus courageux mettent deux à trois fois plus de temps que d’habitude pour effectuer un voyage », explique le chauffeur d’une compagnie de transport entre Abidjan et Bondoukou. Autre impact, selon certaines compagnies, le nombre de voyageurs dans plusieurs zones décroit. « Les voyageurs préfèrent limiter leurs déplacements, pour des raisons de sécurité. Ce qui est de nature à freiner nos activités quotidiennes », explique ce dernier. Une nouvelle épreuve donc, pour des transporteurs qui, après la levée des mesures de restriction dues à la Covid-19, espéraient redémarrer leurs activités et se retrouvent face à des difficultés. Le renouvellement du parc automobile a conduit plusieurs d’entre eux à s’endetter et l’échelonnement du paiement de la dette court encore, avec des frais à payer en cas de retard. Les compagnies les plus frappées sont celle des axes Abidjan - Daoukro, Abidjan -  Gagnoa et Abidjan - Noé. Pour ce qui est du dernier, la situation impacte l’axe Abidjan – Accra – Lomé – Lagos, avec un impact immédiat sur les recettes des douanes ivoiriennes installées à la frontière ivoiro-ghanéene. Cet impact devrait également se faire sentir sur le commerce et les activités annexes. Pour l’heure, les transporteurs s’organisent afin d’obtenir une oreille attentive auprès des manifestants, sans grand succès.

Raphaël TANOH

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