Point de vue : Pas de croissance durable sans confiance

Le professeur Bertrand Moingeon propose des recettes aux décideurs ivoiriens.

Après un mois de janvier qui aura secoué la Côte d’Ivoire, Bertrand Moingeon, Professeur à HEC Paris, se prononce sur la crise de confiance entre les acteurs politiques

La dégradation du climat sociopolitique en Côte d’Ivoire traduit une crise de confiance. Sans confiance, une société toute entière ne peut prospérer de façon harmonieuse, un gouvernement ou une entreprise ne peuvent espérer avoir un développement durable. Dès lors, restaurer la confiance doit constituer la priorité absolue du gouvernement. Dans les travaux réalisés avec ma collègue Amy Edmondson, Professeur à Harvard, nous avions montré qu’il était nécessaire de distinguer deux formes de confiance, toutes aussi importantes l’une que l’autre. La confiance dans les compétences renvoie à l’appréciation qui est faite de la capacité des personnes ou des institutions à réaliser ce qui est attendu d’elles. Elle s’acquiert par la concrétisation de projets et de réussites. La confiance dans les intentions requiert cohérence, transparence et honnêteté. Cela se résume à « dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on a dit ». Il est également indispensable de faire preuve d’intransigeance en matière de lutte contre la corruption et proscrire toute forme « d’accords entre amis », autant d’actions toxiques, destructrices de confiance. La Côte d’Ivoire est à un tournant de son histoire : soit elle parvient à enclencher la spirale vertueuse de la confiance, soit elle prend le risque de s’enfoncer dans la crise. Mais la confiance ne se décrète pas ! Vous ne pouvez pas obliger vos interlocuteurs à vous faire confiance. La confiance se gagne, se mérite.

Par définition, la confiance est nécessaire pour agir quand on est confronté à l’incertitude. Et cette incertitude caractérise non seulement l’environnement ivoirien mais le contexte socio-économique global. Le monde qui nous entoure est devenu plus complexe.Les vieilles recettes ne fonctionnent plus et nous devons en permanence être capables de nous réinventer pour faire face aux défis qui se posent à nous. La Côte d’Ivoire est un pays à fort potentiel, tous les observateurs s’accordent à le reconnaître. Pour que celuici apporte les fruits attendus, il est urgent qu’un nouveau contrat de confiance soit scellé. Tous mes vœux vous accompagnent pour réussir ce pari de la confiance.

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