Caoutchouc : Hausse de la production, baisse des bénéfices

Les producteurs de la filière hévéa sont loin d’être les plus heureux de la chaine agricole. Alors que leur production augmente, le bénéfice partagé régresse.

 

 

Estimée à 600 000 tonnes en 2020, la production 2018 d’hévéa a atteint en 2018 environ 800 000 t de caoutchouc sec, selon les chiffres officiels du ministère de l'Agriculture rendus publics le 22 octobre. Premier producteur africain de caoutchouc naturel et septième mondial, la Côte d’Ivoire enregistre chaque année une augmentation de sa production.  Cette tendance, si elle se confirme en 2019 et 2020, devrait permettre au pays d’atteindre dans les cinq prochaines années une production d’environ 2 millions de tonnes et consoliderait sa place dominante en Afrique.

Difficultés Les chiffres présentés la classe politique ne font pas pour autant la fierté des producteurs. Le chiffre d'affaires de la filière a certes progressé ces dernières années, selon le Président de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire (APROMAC), Eugène Krémien,  passant de 120 milliards de francs CFA en 2008 à 495 milliards en 2017, dont 100 milliards pour rémunérer les 900 000 agriculteurs contre 40 il y a dix ans. Les chiffres montrent par ailleurs que les producteurs percevaient environ un tiers du chiffre d'affaires de la filière il y a dix ans contre seulement un cinquième aujourd’hui, leur nombre ayant connu des hausses.  Et la situation ne devrait guère s'améliorer. Les cours internationaux du caoutchouc sont actuellement au plus bas et le prix d'achat moyen net au planteur est de 434 francs CFA le kilo de caoutchouc sec, selon l'Apromac. Une réalité qui pousse le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, à appeler à la diversification des débouchés du caoutchouc, aujourd'hui trop dépendant de la seule industrie des pneumatiques. « Nous pensons à la poursuite des perspectives d’usage des produits de l’hévéa dans la construction des routes et ponts et dans la stabilisation des bâtiments pour résister aux vibrations et aux secousses sismiques », assure-t-il. Courant 2018, certains producteurs avaient organisé des grèves pour dénoncer les bas prix appliqués, qui ne leur permettaient pas d’assurer certaines charges liées à la production. Selon plusieurs acteurs de la filière, le développement de l’hévéaculture se fait de plus en plus dans les zones dites marginales, peu propices aux productions agricoles, comme le souligne le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA).

Ouakaltio OUATTARA

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