CEDEAO-MAROC: Mariage de raison

À l’instar de la Côte d’Ivoire, les 14 autres pays de la CEDEAO ont déroulé le tapis rouge pour le Maroc.

Plus rien n’entrave la marche du Maroc vers son intégration au sein de la CEDEAO. Le 4 juin à Monrovia, les 15 pays membres, réunis lors du 51è sommet, ont accepté la main tendue par Rabat

Au sortir du 51è sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), tenu du 1er au 4 juin au Libéria, on peut dire qu’un pas décisif a été franchi en vue de l’adhésion du Royaume du Maroc à cette organisation, dont les chefs d’État ont donné leur accord de principe à la demande de Rabat.
Puissance économique Avec le Maroc, les experts s’accordent pour dire que la CEDEAO deviendra la 16è puissance économique mondiale, avec un Produit intérieur brut (PIB) cumulé estimé à 800 milliards de dollars. Par ailleurs, elle détiendra une position géostratégique unique, allant de la Méditerranée au Golfe de Guinée, avec des ressources très importantes en hydrocarbures et en minerais, un potentiel agricole de premier choix, et des corridors pouvant mener de Tanger (Maroc) à Lagos (Nigéria) sans discontinuité. Tous ces atouts pour un marché unique de plus de 400 millions d’habitants. De quoi, selon l’économiste Yves Mathurin Kouamé, donner à cet espace « les moyens de rivaliser avec la Turquie, de lever des milliards de dollars sur le marché domestique pour la construction de routes, ponts et usines, etc. » En point dans le secteur bancaire avec les groupes Attijariwafa, BMCE et BCP, le royaume chérifien s’inscrit donc dans une logique de renforcement d’un partenariat multidimensionnel, qui est fortement accompagné par la personne du Roi Mohammed VI, régulièrement en déplacement au sud du Sahara.
Nouveaux candidats Les 15 chefs d’État ont également répondu favorablement à la demande de la Tunisie et de la Mauritanie d’adhérer ou de se rapprocher de la CEDEAO. À noter que l’Algérie est déjà liée par plusieurs accords politiques et économiques, mais reste en marge de ce processus, tout comme la Lybie. Cela dit, l’aboutissement de cet ensemble « nord-ouest africain », selon l’expression de l’économiste Stéphane Koné, devra avoir pour base un cadre de partenariat fondé sur « la réciprocité de la libre circulation des biens et des personnes et le libre transfert des capitaux », ce qui n’est toujours pas effectif. Et le risque de cette expansion réside dans le fait que la CEDEAO devienne simplement un grand marché, « au détriment d’une CEDEAO des peuples », prévient Stéphane Koné, qui appelle à une véritable intégration culturelle entre les deux ensembles.

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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