Obin Guiako : Il redonne vie aux ordinateurs

Obin Guiako compte poursuivre son expérience avec les plus défavorisés.

Co-fondateur et Président du FabLab Baby lab, Obin Guiako fait partie de ces jeunes qui croient à l’accessibilité des TICs pour toutes les couches sociales. Des efforts reconnus le 4 août dernier par l’État de Côte d’ivoire.

Vêtu d’un costume noir, Obin Guiako, 33 ans, qui franchissait pour la première fois le portail du palais présidentiel, avait du mal à contenir sa joie. Voir ses efforts de bénévoles récompensés et figurer sur la liste des 74 lauréats du Prix d’excellence 2017 est un grand pas pour sa jeune carrière.

Bénévolat gagnant  En juillet 2014, ce natif de la commune populaire d’Abobo fonde avec sept amis informaticiens le FabLab Baby Lab pour des jeunes défavorisés de cette commune de 8 à 15 ans. « Ma philosophie est de prôner un modèle de développement qui part des quartiers populaires et zones défavorisées pour réduire les disparités entre les populations, en facilitant l'accès à une éducation au numérique ». L’initiative est née des Massive open online courses (MOOC), les cours en ligne ouverts à tous proposés par l'Institut mines-télécom et l'Ecole centrale de Lille (France). Ce partage d’expériences permet à la jeune équipe, qui fonctionne uniquement les weekends, de recycler du matériel informatique pour créer de nouveaux ordinateurs avec des bidons de 20 litres. « Une trentaine ont été fabriqués et offerts à ce jour. Plusieurs ordinateurs de particuliers ont aussi été réparés » grâce au laboratoire, qui initie également au codage informatique.

Touche à tout Quand il sort de l’Institut supérieur de technologie de Côte d’Ivoire (ISTC), avec à la clé un Brevet de technicien supérieur, Obin tâtonne. Après un passage au Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM France) entre 2000 et 2003, il débute une carrière d’infographiste et de web designer en juillet 2011, avant de devenir technico-commercial à Eburny Group. Il se spécialise en support informatique et géolocalisation. Cela lui ouvre les portes de l’entreprise AfricaConnect du Libanais Ahmed Omaïs en décembre 2012, mais aussi celles de la prison du Commissariat du 8è  arrondissement de Cocody. Accusé par son patron de détourner des clients de l’entreprise, Obin s’en défend. L’affaire reste sans suite et il regagne son domicile après 72 heures d’interpellation. L’aventure prend fin en novembre 2015.

Ouakaltio OUATTARA

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