Michaël Tra Bi (RJLD) : « Nous voulons être de super chefs d’entreprise »

Depuis quelques années, de nombreux pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, mettent un point d’honneur à promouvoir l’entrepreneuriat en vue de trouver une solution à la problématique de l’emploi des jeunes. JDA est allé à la rencontre de Michaël Tra Bi, jeune cadre d’entreprise, auto-entrepreneur et Président d’association, pour comprendre son engagement.

Qui est Michaël Tra Bi ? Quel est votre profil ?

Je suis Président du Réseau de jeunes leaders dynamiques (RJLD), par ailleurs gérant d’une filiale du Groupe MZK à l’international. Statisticien et financier de formation, j’ai évolué pendant longtemps dans la communication et le marketing. Avant de m’expatrier, j’ai été responsable communication du Groupe MZK et associé-gérant d’une de ses filiales, Intelligence Communication.

Comment vous est venue l’idée de créer le Réseau de jeunes leaders dynamiques ?

Dans les années 2011 - 2012, nous sortions d’une crise, avec une jeunesse sans repères, laissée pour compte et politiquement instrumentalisée. Elle avait besoin de se reconstituer, de s’organiser et d’être orientée. Ceux, comme moi, qui ont eu la chance de s’insérer assez tôt dans le tissu professionnel ont très vite côtoyé l’entrepreneuriat, les leviers de performance, le développement des organisations… Alors, avec un groupe d’amis, nous avons décidé de créer une organisation pour promouvoir l’entrepreneuriat auprès non seulement des jeunes diplômés mais aussi de ceux qui sont en fonction. Bien entendu, à la base, dans notre système éducatif, la notion d’entrepreneuriat n’est pas inculquée, alors que c’est un levier de développement pour nos pays.

L’entrepreneuriat, était-ce l’objectif principal du réseau ?

À l’origine, l’objectif était de promouvoir l’entrepreneuriat jeune. C’était d’informer, de sensibiliser, de former. Mais, au fil du temps, nous sommes entrés dans une autre dimension pour créer un vivier de jeunes compétents, qui, à terme, seront des super industriels et chefs d’entreprises et bâtiront l’Afrique de demain.

Qui peut appartenir à ce réseau et quelles sont les qualités pour y prétendre ?

Je le disais, à la base, c’était la sensibilisation. Les membres étaient des personnes avec déjà une idée bien avancée de l’entrepreneuriat et qui avaient pour mission d’en faire la promotion. Mais aujourd’hui, vu la nouvelle orientation, le RJLD est devenu un cercle restreint de jeunes qui ont une certaine vision, qui ont envie de changer les choses, des jeunes qui bougent. En réalité, on y entre par cooptation. En termes de valeurs, il faut que la personne qui vous coopte sache que vous êtes un jeune motivé et rempli de qualités, qui bouge, qui a envie d’avancer, qui a quelque chose à « vendre ».

En quoi ce réseau contribue-t-il à la promotion de l’entrepreneuriat, de manière concrète ?

Déjà, avec nos séances de sensibilisation, nous faisons beaucoup. Après, en interne, nous avons des opportunités de montage de projets. En fonction de la diversité de nos compétences dans nos domaines respectifs, nous créons des synergies, nous montons des projets et nous mettons en avant certains de nos membres pour les piloter. Aujourd’hui, être formé à l’entrepreneuriat est important pour nos États. En dehors de cela, nous organisons des séminaires et des conférences. En ce moment, nous préparons les Young professional meetings (YPM), qui sont aujourd’hui une aubaine, une plateforme  de promotion de l’entrepreneuriat. Ce projet offre un cadre d’échanges, de partage d’expériences entre jeunes diplômés, cadres d’entreprise, jeunes entrepreneurs, entrepreneurs confirmés, d’une part, et bailleurs de fonds et grands financiers, d’autre part. C’est plus du réseautage.

Quels types de projets développez-vous ? Sous quelles formes et dans quels domaines ?

Nous n’avons pas de domaines exclusifs. Aujourd’hui, nous savons que la performance d’un chef d’entreprise, c’est sa diversité. Nous nous disons que nos ressources financières doivent pouvoir travailler dans tous les domaines. Mais, pour revenir aux projets du réseau, à notre expérience, nous avons monté des projets mineurs dans certains cabinets. Ensuite, nous avons mené d’autres projets, conjoints, en milieu rural. Ils ont débouché sur la Journée du mérite et de l’excellence (JOMEX). Nous avons aidé des paysans à monter des champs, des cultures vivrières, dans la riziculture entre autres.

En dehors de ces projets, quelles autres actions avez-vous déjà menées ?

En termes d’actions, d’impact, nous nous sommes plus focalisés sur le professionnel, où nous avons accompagné plusieurs organisations et groupements professionnels sur certains projets. Nous avons aidé de jeunes entrepreneurs à se structurer, à bien rédiger leur business plans et à monter leurs entreprises. Ce sont autant de choses que nous avons à notre actif.

Nous abordons une nouvelle année. À quoi doit-on s’attendre et quelles sont les perspectives ?

Pour parler de la nouvelle orientation du RJLD, il faut dire que c’est aujourd’hui un réseau fermé de jeunes battants, qui ont envie d’avancer. Nous travaillons sur nous-mêmes, avec nos propres qualités et compétences. Cette année, nous travaillons sur le projet Young professional meetings (YPM). Après, nous avons des projets sur lesquels nous travaillons continuellement et que nous allons lancer au fil du temps.

Pensez-vous que les conditions sont réunies pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés ?

Bien évidemment. Comme dit l’adage, « qui veut aller loin ménage sa monture ». Au RJLD, nous nous donnons les moyens d’atteindre nos objectifs. Les pré requis sont déjà là, les compétences, l’intelligence et la disponibilité. À nous de matcher et de nous donner à fond pour y arriver. Nous y sommes tous engagés.

Interview réalisée par Liliane N'Guessan

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