Zones industrielles : Dans l'enfer du SMIG au rabais

Les salaires des travailleurs dans les zones industrielles à l’usine, demeurent le plus souvent bas, loin du nouveau salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) décidé par l’Etat ivoirien. Enquête dans l’enfer du Smig au rabais à Yopougon et à Koumassi dans le district d’Abidjan.   

« Tu n’es pas satisfait de ton salaire ! Va te pendre, je prends à ta place un autre que je vais payer 1.500 FCFA la journée ! », se souvient K.Koffi, 32 ans, anciennement ouvrier-polisseur en zone industrielle de Yopougon dans une usine de fabrication de machettes.

Fin août. Six mois après l’entrée en vigueur en janvier 2014 de la décision gouvernementale revalorisant le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) à 60.000FCFA, c’est avec ces mots que son patron décide de se séparer de lui. La faute de Koffi : avoir dénoncé l’utilisation de l’ancien Smig de 36.607FCFA sur la base duquel le propriétaire de l’entreprise continue de lui verser son salaire mensuel de 45.000FCFA !

« Au terme d’un petit arrangement, j’ai dû accepter la prime de 10.000FCFA de transport que le directeur a ajouté sur mon salaire qui passe ainsi à 55.000FCFA », confesse le travailleur ajoutant qu’il a tout de même peur de perdre son emploi de contractuel non-embauché.

A l’autre bout de la capitale économique, à Koumassi, Fatoumata C. est salariée dans une fabrique de peinture. Ici, pas d’embauche formelle ni de déclaration à la sécurité sociale. L’usine implantée en bordure d’une voie passante emploie au maximum une centaine de personnes dont plus de la moitié de travailleurs faiblement rémunérés à hauteur de 4.800FCFA la semaine. Jamais de bulletin de salaire, encore moins de contrat de travail. « Je monte le matin à 7heures30 et je descends l’après-midi à 14heures 30 », souligne-t-elle visiblement mécontente.

« C’est contraire au droit du travail, car le travailleur doit bénéficier d’une prime de transport de 25.000FCFA que sa rémunération soit supérieure ou égale au SMIG », explique Edgar Digbeu Zahi, administrateur du travail et des lois sociales.

Abidjan compte trois zones industrielles (Yopougon, Koumassi et Vridi) dont les deux précités sont un véritable enfer du Smig au rabais selon plusieurs témoignages de salariés.

« Beaucoup d’entreprises sont réticentes quant à l’application de cette mesure »,  déplore le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Côte d’ivoire (UGTCI), Léon Joseph Ebagnérin précisant que les centrales syndicales sont là pour exiger le respect du SMIG.

Tony NAHOUNOUX

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