Stéphanie Maubath Carène Konan : L’informatique contre la malnutrition

Stéphanie Maubath Carène Konan est sûre de pouvoir apporter un plus à la lutte contre la malnutrition.

Stéphanie Maubath Carène Konan, doctorante ivoirienne de l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, fait partie des 20 lauréates du Prix d’excellence scientifique de la Fondation l’Oréal, remis en novembre 2019 à Dakar.

Jeune ivoirienne spécialisée en Informatique et Sciences informationnelles, elle s’est démarquée des candidates d’une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne du programme « Pour les femmes et la science » de la Fondation l’Oréal, en partenariat avec l’UNESCO, qui vise à promouvoir les femmes dans le monde de la recherche scientifique.

Physicienne de naissance Issue d’une famille d’enseignants en sciences physiques, Stéphanie Konan a suivi ses études secondaires à Daloa. Après son baccalauréat, en 2009, elle initie un parcours supérieur en géographie. En 2011, suite à la crise postélectorale et à la fermeture des universités, elle se réoriente vers l’informatique, tout en poursuivant sa licence en géographie. Elle perçoit alors l’opportunité de rapprocher géographie et informatique pour les mettre au service d’une cartographie interactive pouvant déboucher sur des applications concrètes. Lors de son Master, elle intègre le Laboratoire littoraux, mers et sécurité alimentaire (LIMERSAT), dans lequel elle travaille à la création d’un Système d’information géographique (SIG) pour éradiquer la malnutrition infantile (SIG-malnutrition). Elle achève un cycle d’Ingénieure en Génie logiciel et réseaux de télécommunications et prévoit de soutenir sa thèse d’ici la fin de l’année. « Nous sommes confrontés à un problème de santé publique majeur en Côte d’Ivoire. Malgré les efforts que déploie l’État, à travers le Programme national de nutrition, la situation épidémiologique demeure préoccupante, avec une accentuation dans le nord du pays, où la prévalence frôlait 30% en 2016 », explique la lauréate. Pour elle, la malnutrition est un état pathologique grave et son dépistage chez les enfants, grâce à une localisation géographique par une application mobile et un mécanisme d’alerte précoce pour les urgences nutritionnelles, pourrait contribuer à éradiquer le fléau. Parmi ses causes, le manque d’éducation des mères dans le nord du pays. « Moi qui viens d’une famille éduquée, avec des rôles modèles féminins forts qui m’ont accompagnée et soutenue tout au long de mon cursus, je mesure ma chance ». Stéphanie souhaite mettre ses recherches au service de son pays, et même au-delà.

Nadège KOFFI

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