Finances : Les flux illicites dament le pion à l’aide au développement

Les experts de l’ONU et l’OCDE, estiment que les flux financiers illicites fragilisent les États.

Fruits d’un travail de l’OCDE et de la Banque africaine de développement, le rapport sur les flux financiers publié le 20 février montre que les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest dépassent largement l’aide au développement.

« Flux financiers illicites », produit par la Banque africaine et de développement (BAD) et l’OCDE, le Nepad et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest (Giaba) est un rapport rendu public le 20 février qui présente l’Afrique de l’ouest comme « vulnérable aux activités illicites ».  S’il reconnait que la frontière entre « licite » et « illicite » est souvent floue, il précise que des communautés entières, notamment dans les zones agricoles, peuvent toucher à l’illicite à travers l'exploitation des ressources forestières, le travail forcé, qui alimente certaines industries comme la production de cacao, ou encore le trafic de faune sauvage. Selon le Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites (FFI) « les FFI en provenance d'Afrique pourraient s'élever à plus 50 milliards de dollars par an », dépassant le volume de l'aide publique au développement accordée à l'Afrique, soit 27 milliards de dollars.

Plaque tournante « Le licite et l'illicite sont de plus en plus interconnectés en Afrique de l'ouest », poursuit le rapport. Cela s'explique en partie par la prépondérance de l'économie informelle, qui représenterait de 60 à 70% de l'activité économique globale de la région. Cela s'explique aussi par l'existence de réseaux de protection des élites connectés aux flux licites et illicites. « L'argent afflue vers les caisses de personnes d'influence à l'échelle locale, ainsi que vers les groupes armés, criminels et terroristes, comme il le ferait (ou devrait le faire) vers celles de l’État ». Le rapport pointe du doigt la Chine, dont l’essentiel des produits contrefaits et de qualité inférieure exporté en Afrique de l’ouest est dissimulé dans les flux commerciaux légitimes. Sont indexés également le trafic de drogue, les enlèvements contre rançon, la piraterie maritime, le braconnage et la cybercriminalité.  L'agriculture et le monde rural sont un vivier de la traite des personnes, avec la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mali, le Nigeria et le Togo connus pour avoir des taux de trafics spécialement élevés, prioritairement de personnes handicapées, d’albinos vivant en milieu rural et de réfugiés. L'essentiel de la traite a lieu des zones rurales vers les zones urbaines, la majorité des « personnes trafiquées » -autant d'hommes que de femmes - travaillant dans les secteurs agricoles et de la pêche.

Fatoumata DOUMBIA 

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