Private Equity : Le parent pauvre ivoirien

Abidjan intéresse de nombreux investisseurs, mais ceux-ci restent prudents

De 2010 au premier semestre 2016, la Côte d’Ivoire a seulement reçu 8% des 249 opérations de « private equity » réalisées en Afrique de l'Ouest, selon le tout dernier rapport de l'Association africaine des investisseurs en capital risque. Un signe de prudence, explique un ancien fonctionnaire de la BCEAO.

Avec un taux de croissance avoisinant les deux chiffres depuis 2012, la Côte d’Ivoire, qui continue d’être saluée pour ses performances économiques, « a reçu seulement 2% des 5,2 milliards de dollars injectés en Afrique de l'Ouest dans le cadre du Private Equity » (capital investissement), a révélé le 3 février dernier, un rapport de l’association africaine des investisseurs en capital risque, basée à Londres. Elle note par ailleurs que le pays n’a reçu que 8% des 249 opérations et explique que de nombreux institutionnels ont manifesté leurs intentions de tirer avantage de la croissance ivoirienne, soutenue par la relance de la production de cacao, la principale source de revenus extérieurs du pays, et le lancement des chantiers d'infrastructures. Mais les faits montrent que « cet intérêt en nombre du capital investissement, n'a pas conduit à une injection massive de capitaux ». Selon ce même rapport, sur 83 firmes qui ont effectué des sorties d'investissement en Afrique de l’Ouest, 14% sont arrivées en Côte d'Ivoire. Presque autant qu’au Togo, « qui n'a pourtant été la cible que de 2% des deals d’investissements privées effectués ».

 

La stabilité en question Pour un ancien fonctionnaire de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’explication à cette situation tient tout simplement à la prudence observée par les investisseurs. « Ils ne sont pas encore totalement convaincus du retour à la stabilité politique en Côte d’Ivoire, en partie pour la réconciliation nationale qui a du mal à se consolider. Or, s’ils consentent à s’installer, c’est en principe pour rester longtemps ». Un jugement que les récentes mutineries vont contribuer à justifier. Et d’ajouter que la mise en place des institutions de la 3è République est, pour eux, le signe que la tête de l’exécutif ivoirien pourrait changer d’un moment à l’autre. Ce qui pourrait ouvrir une période d’incertitudes avec des agitations sociales fomentées par l’opposition, qui n’a pas encore avalé la pilule.

 

Toujours, selon notre source, la prudence observée tient également au fait que les privés nationaux eux-mêmes ne réalisent que très peu d’investissements dans leur propre pays, contrairement à ce que font d’autres capitaines d’industrie dans certains pays de la sous-région. Et de regretter que le secteur de la transformation des produits agricoles, où beaucoup reste à faire, soit négligé au profit des dépenses ostentatoires.

Benoit Tanoh 

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