Colette Irié lou En croisade contre l'insécurité alimentaire

Colette Irié Lou, femme battante, qui a encore de l’énergie à revendre.

Elle s’impose dans l’approvisionnement des marchés ivoiriens en vivrier en toute saison. En dépit des difficultés, Colette Irié lou, exploitante agricole et bientôt industrielle, a décidé de nourrir les Ivoiriens à moindre coût.

Fin septembre, à Bouna dans le Bounkani, Colette Irié Lou, présidente du Conseil d’administration de la Fédération des coopératives du vivrier de Côte d’Ivoire (FENACOVICI), a annoncé l’implantation prochaine d’une usine de transformation de maïs, dont la production annuelle devrait atteindre 600 000 tonnes. D’autres projets de ce type doivent suivre, notamment une usine de transformation de tomates, et une autre pour le riz dans le Zanzan, un investissement d’environ 12 milliards de francs CFA, obtenu grâce à la Banque africaine de développement.

L’art du rebond

Colette Irié Lou continue donc sa croisade pour la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire, après de nombreuses difficultés. C’est d’abord un incendie qui ravage ses installations au marché de Treichville en 2001. Dix ans après, tous ses stocks sont détruits pendant la crisepost électorale. Mais une fois l’orage passé, la femme d’affaires saura rebondir, grâce à de nombreux appuis, comme celui de l’État, à hauteur 520 millions de francs CFA en octobre 2013. À la tête de la FENACOVICI, créée en 2001 et forte d’environ 1 800 coopératives, Colette s’est d’abord souciée de ravitailler les marchés d’Abidjan en vivrier. Désormais, son objectif est de faire produire du vivrier en toute saison, sur 2 500 hectares dans les 31 régions du pays, grâce au système d’irrigation goutte à goutte. Un procédé qui devrait contribuer à faire baisser les prix. Nullement handicapée par le fait de n’avoir pas été scolarisée, Colette Irié Lou, la soixantaine révolue, ne manque pas d’assurance lorsqu’elle doit convaincre les décideurs, partenaires, et bailleurs de fonds pour ses projets. Les mérites de cette femme leader ont été reconnus par l’État, à travers sa nomination au Conseil économique et social en octobre 2014. Pour autant, elle n’en perd pas la tête : « Je travaille pour donner de la nourriture aux Ivoiriens ». Un bout de phrase qui s’adresse à ceux qui lui prêtent d’autres intentions.

Benoit Tanoh

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