Industrie du cacao : l'Etat joue sa partition

Environ 1/3 du cacao ivoirien est exporté vers les USA.

Le gouvernement a décidé de réduire le Droit unique de sortie (DUS). Objectif visé : amener les industriels à accroître les capacités de production. Toutefois, il n’est pas sûr que l’État ivoirien et les investisseurs soient sur la même longueur d’onde.

Douze entreprises de broyage de fève de cacao et deux de broyage de cacao hors normes et de résidus sont installées en Côte d’Ivoire. Elles transforment seulement 33% de la production annuelle de cacao, soit envi- ron 550 000 tonnes. Pour la campagne 2015-2016, la production a atteint 1,565 million de tonnes, soit une baisse de 12,6% par rapport à la saison précédente.

Sorties frauduleuses

De quoi laisser planer une menace sur la valeur ajoutée de la filière cacao, laquelle risque de devenir moins rentable pour l’État, comme pour les producteurs, explique Ousmane Attey, spécialiste des matières premières. D’où les sorties frau- duleuses du cacao et du café ivoirien vers certains pays limitrophes. Cette année, quelque 40 000 tonnes de fèves récoltées ont ainsi été exportées illégalement vers des pays non producteurs voisins, permet- tant ainsi à certains opérateurs d’échapper au système fiscal ivoirien. Un manque à gagner pour l’État et pour les exportateurs. Aussi, pour atteindre l’objectif de 50 % de transformation locale attendu à l’horizon 2020, le gouvernement s’est engagé à réduire le Droit unique de sortie (DUS) et autres taxes à l’exportation. En réalité, explique notre spécialiste, la volonté affichée par le gouvernement est claire : « Il s’agit, d’abord, de ne pas remettre en cause les acquis des producteurs, c’està-dire, le prix bord champ garanti. Ensuite, de faire en sorte que les industriels saisissent l’opportunité des facilités que leur accorde le gouvernement pour réaliser des investisse- ments en vue d’accroître leur capacité de transformation permettant ainsi d’atteindre les objectifs fixés ». L’État joue donc sa partition, se faisant violence pour satisfaire toute la chaîne, de la production à l’exportation, en passant par la commercialisation et les usiniers, explique M. Attey, qui reste toutefois réservé sur les retombées de cette mesure. Selon lui, il n’est pas certain que les industriels jouent le jeu. À quelque quatre ans de l’horizon 2020, l’objectif fixé sera difficile à atteindre, au vu de la capacité actuelle de chacune des entreprises de broyage de fèves, entre 4 000 et 130 000 tonnes chacune.

Benoît TANOH

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