Coup de fouet à la finance islamique

Pour les membres du gouvernement ivoirien et les experts de la Finance islamique, ce rendez-vous aura aidé à promouvoir la finance islamique.

Au cours de ces cinq dernières années, la coopération entre la Côte d’ivoire et les institutions islamiques de financement s’est intensifiée. selon la ministre Nialé Kaba, le portefeuille atteindrait 597 millions de dollars pour un total de 17 projets actifs.

Abidjan a abrité, les 17 et 18 octobre derniers, la deuxième édition du Fo- rum africain sur la finance islamique (FAFI 2016). Une initiative du groupe de la Banque islamique de développement (BID), rassemblant des décideurs, partenaires au développement, investisseurs et secteur privé national. Avec pour objectif de réfléchir sur les voies et moyens pour accroître la pénétration de ce mode de financement dans les économies africaines. Financements pratiques Instrument de financement du marché, la finance islamique se veut une alternative aux instruments classiques basés sur le taux d’intérêts. Elle est adossée à un actif sous-jacent, obligatoirement licite aux yeux de l’islam, dont le rendement est généralement utilisé pour rémunérer les investisseurs. En 2013 déjà, la finance islamique représentait près de 1 800 milliards de dollars d’actifs bancaires et financiers. La Côte d’Ivoire, pour sa part, bénéficie depuis 2004 de ces financements pour la mise en œuvre de différentes actions de développement, dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, du transport, des infrastructures économiques, de l’éducation, etc. Un ensemble de financements de la Banque islamique de développement, qui s’élèvent à près de 144 milliards de francs CFA. De quoi pousser la ministre ivoirienne du Plan et du Développement, Nialé Kaba, à appeler les instances de régulation des marchés monétaires et financiers de l’espace UEMOA, à créer les conditions propices au dévelop- pement de la finance islamique. D’ailleurs, l’État dont la dette a été évaluée à 7 804 milliards de francs CFA en 2015, n’a pas hésité à lancer, deux emprunts Sukuk en moins d’un an. L’un en novembre 2015, l’autre en août dernier, pour un montant total de 300 milliards de francs CFA. Ils permettent à la Côte d’Ivoire d’éviter les taux classiques, qui augmentent l’endettement, et d’apurer une partie de sa dette intérieure, laquelle s’élève à 3 032 milliards de francs CFA.

Le secteur privé aussi
Le terme finance islamique recouvre l’ensemble des transactions et produits financiers conformes aux principes de la charia. Cela suppose l’interdiction de l’intérêt, de l’incertitude, de la spéculation, l’interdiction d’investir dans des secteurs considérés comme illicites (alcool, tabac, jeux de hasard, etc.), ainsi que le respect du principe de partage des pertes et des profits. Un aspect qui pousse les instances islamiques à être très regardantes sur la traçabilité de leurs fonds, d’où la réticence de certains acteurs privés. Pourtant, Sory Touré, cadre de banque, estime que « ce financement, dit « halal», est une énorme opportunité qui s’impose comme une alternative, moins contraignante et inclusive pour le financement structurant des économies afri- caines. L’expert se veut rassu- rant, en indiquant qu’il existe plusieurs types de produits qui répondent aux besoins des privés. « Autant on trace le crédit public, autant on peut le faire pour le privé », assure-t-il. Rejoignant Tiémoko Koné, gouverneur de la BCEAO, il explique que cette forme de financement n’est pas « exclusivement » réservée aux musulmans.

Ouakaltio OUATTARA

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