Cacao : les rivaux main dans la main

Les présidents Alassane Ouattara et Nana Dankwa Akuffo Addo ont paraphé plusieurs accords en en marge de l’Africa CEO Forum.

Producteurs d’un peu plus de 60% du cacao mondial, la Côte d’Ivoire et le Ghana multiplient les actions communes afin d’impacter le marché. Reste à savoir si la concurrence entre les deux rivaux ne va pas nuire à leurs ambitions communes ?

Le 26 mars, la Côte d’Ivoire et le Ghana signaient un accord sur le cacao. Un autre, serait-on tenté de dire, car les deux pays sont engagés sur une dizaine d’autres accords similaires, dont la mise en œuvre tarde à démarrer. Représentant un peu plus de 60 % de l’offre mondiale, les deux pays ont décidé « d’annoncer chaque année, de manière concomitante et avant le début de la campagne, le prix aux producteurs ». L’accord, s’il est respecté, devrait être à l’avantage de la Côte d’Ivoire et mettre fin à la fuite de ses fèves vers son voisin. En effet, le Ghana a toujours attendu de connaitre le prix ivoirien du cacao avant de fixer le tien. Ce partenariat, qui veut promouvoir la consommation de cacao sur les marchés locaux et régionaux, prévoit la transformation de  la « majeure partie » des productions nationales, appelant le « secteur privé africain » à investir massivement dans ce domaine.

Scepticisme Mais la finalité est surtout de contrôler les cours du cacao dans un environnement où les pays producteurs ne récoltent que 5 à 6 milliards de francs CFA sur les 100 milliards générés par la filière chaque année. Le document, intitulé « Déclaration d’Abidjan » et paraphé par les deux présidents, Alassane Ouattara et Nana DankwaAkuffo Addo, connaîtra son premier défi le 1er octobre prochain, lors de la fixation du prix du cacao bord champs. « C’est un bon début, pourvu que le deuxième producteur (le Ghana) respecte les règles du jeu », prévient un trader, très sceptique sur l’avenir de l’accord. Autre réalité, la Côte d’Ivoire compte déjà de petites unités de transformation et cela n’est pas encore le cas pour son voisin. La volonté d’accélérer la mise en œuvre de la politique commune visant à « mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao, ainsi que ceux des économies des deux pays » est un bon début, reconnait-il, mais « du chemin reste à faire ». Pour la campagne 2017-2018, la Côte d’Ivoire enregistre un peu plus de 2,3 millions de tonnes de production et le Ghana table sur 700 000 tonnes.

 

Ouakaltio OUATTARA

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Par Ouakaltio OUATTARA

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