World Cocoa Foundation : Boycott du Ghana et de la Côte d’Ivoire

Gain de l'industrie du chocolat : 130 milliards de dollars / an. Côte d'Ivoire et Ghana représentent 65 % de la production mondiale

Les gouvernements et les régulateurs du cacao de la Côte d’Ivoire et du Ghana ont décidé de boycotter la réunion des partenaires de la World Cocoa Foundation qui se déroule à Bruxelles les 26 et 27 octobre 2022.  Une décision historique.

La Côte d'Ivoire et le Ghana représentent 65% de la production mondiale de cacao, mais les agriculteurs de ces deux pays gagnent moins de 6% du revenu total de l'industrie du chocolat, évalué à environ 130 milliards de dollars par an. Et des études  récentes montrent que la part des cultivateurs de cacao dans l'ensemble de l'industrie du chocolat a considérablement diminué au fil des ans alors que les négociants, les marques et les détaillants ont accumulé les superprofits. Par exemple, selon Fairtrade, lorsque les prix du cacao étaient élevés, dans les années 1970, les producteurs de cacao gagnaient jusqu'à 50% de la valeur d'une barre de chocolat. Ce chiffre est tombé à 16% dans les années 1980 et, aujourd'hui, les agriculteurs ne reçoivent qu’environ 6% de ce montant.

Bras de fer

Le Ghana et la Côte d'Ivoire sont contraints par les multinationales de vendre leurs fèves de cacao en dessous du prix du marché en vigueur. Celles-ci ont également utilisé des tactiques de marché déloyales, telles que les mécanismes de différentiel d'origine négatif, tout en prétendant payer un différentiel de revenu décent (DRD), introduit il y a environ deux ans. Le DRD est finalement devenu une vue de l’esprit et non une réalité tangible dans la vie des producteurs de cacao. Les gouvernements et les régulateurs des deux pays sont toujours accusés par les parties prenantes pour leur rôle dans l'absence de fixation de prix bord champ à des niveaux garantissant un revenu vital aux producteurs de cacao. En boycottant ce rassemblement-phare du secteur privé à Bruxelles, les gouvernements de Côte d'Ivoire et du Ghana envoient un signal fort. La question est désormais de savoir si ces deux pays pourront résister à un bras de fer. «  C’est le prix à payer, mais rien n’est gagné d’avance », explique un fonctionnaire du Conseil Café - Cacao pour lequel, même si les deux pays auront une facture salée à payer dans la lutte engagée, c’est le prix à payer pour permettre une revalorisation de la situation des producteurs de cacao. L’absence des deux premiers producteurs à ce rendez-vous est la première phase de cette lutte.

Hendrix Koné

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