Entretien avec Steve Bah Blesson, concepteur du réseau social ‘My Opinion’

Steve Bah Blesson est le concepteur de ‘My Opinion’, un réseau social innovant qui permet aux personnes de parler au monde comme Twitter et Facebook. Le patron du groupe BB qui comprend Bah Blesson et Compagnie (conseil), Bah Blesson Food (transformation de fruits et légumes, surgélation) et la start-up BB Analytics (qui propose la fintech Paesha) se confie à Financial Afrik. « L’idée de My Opinion était une volonté d’améliorer l’expérience que les gens ont sur Facebook », assure-t-il au micro de notre correspondant à Abidjan.

 

Comment fonctionne votre réseau social et comment avez-vous démarré ?

L’idée de My Opinion était une volonté d’essayer d’améliorer l’expérience que les gens ont sur Facebook sur un aspect précis. Sur Facebook et Twitter quand on fait des sondages on ne peut pas mettre de vidéo ou de photo. Sur ces réseaux on vous met par exemple tapez 1 ou 2 mettez cœur etc. Ce n’est pas très pratique alors qu’on est en 2022. On peut proposer des fonctionnalités beaucoup plus ludiques que ça. Le premier aspect c’est de proposer un réseau social qui fait des sondages beaucoup plus intéressants avec des vidéos, des visuels. Deuxièmement on avait la question des audios. Sur Facebook c’est difficile de déposer des statuts audios, des notes vocales. On s’est proposé d’offrir un réseau qui permet de pouvoir faire des publications uniquement avec des audios pour des gens qui sont timides et refusent la vidéo. Troisièmement, My Opinion permet d’être très virale. Pour des gens qui ne sont pas très connus, c’est très intéressant d’aller sur My Opinion et de publier dans « le public » c’est une option qui permet d’avoir une publication qu’on va déverser dans la vie publique. Une fois que la publication est de qualité, la viralité est beaucoup plus facile. C’est pour cela que nous disons : « My opinion, le monde vous écoute ».

 

Avez-vous pris combien de temps pour réaliser ce produit ?

My Opinion, il y a eu deux phases. Il fallait d’abord valider le concept qui nous a pris un an. Entre juin 2020 et juin 2021. On était sur le web www.myopinion.ci et on a finalisé le concept avec la première version qui est sortie début avril 2022 avec les applications androïdes et Apple. Donc ça nous a pris à peu près une vingtaine de mois et le lancement officieux a eu lieu il y a trois mois. En gros deux ans.

Vous avez pu réaliser cette plateforme en deux ans sur fonds propres ?

C’est un projet qui est autofinancé par BBA Analytics, notre start up. On y a cru et on a avancé. Aujourd’hui on cherche effectivement des investisseurs qui aimeraient nous aider à rendre le réseau mondial. On peut faire des prises de participation etc. On est ouvert à toute sorte de scénario d’investissement.

 

Avec Opinion, qu’est ce qui change concrètement au niveau de l’abonné qui souhaiterait converser avec un groupe ?

L’innovation principale c’est lorsque tu crées ton compte My Opinion sans être suivi, tu peux avoir une belle expérience parce que le réseau est ouvert. Quand les gens proposent des publications dans « Public », l’on y a accès directement, sans forcément les suivre. Une fois que l’utilisateur crée son compte, il n’a pas besoin d’avoir une longue liste d’amis. Il est déjà pris en charge par le réseau, on lui propose du contenu dans la page « public ». Et profiter de la viralité du réseau quand on publie. Parce que si vous ne connaissez personne sur Facebook, Twitter ou Instagram quand vous allez publier vous aurez zéro vue, il y a peut-être une personne qui va voir. Alors que sur My opinion, quand vous ne connaissez personne vous avez la chance d’avoir des milliers de gens qui vont voir, parce que ça passe en public.

 

Avez-vous combien d’abonnés et d’utilisateurs aujourd’hui ?

On a une base de données d’à peu près 10000 utilisateurs et ça monte chaque jour depuis qu’on l’a créé. On espère avoir un coup d’accélérateur et arriver à avoir 1 million d’abonnés de compte d’ici la fin de l’année et challenger 20 millions de compte l’année prochaine et dépasser les 100 millions la troisième année. En termes d’abonnés on espère qu’au moins 1 africain/10 ait My Opinion dans les deux trois ans.

 

Vous démarrez en Côte d’Ivoire, sur le continent africain. Que pensez-vous de vos concurrents comme Facebook par exemple ?

On a une offre de valeur qui est aussi mondiale, juste que nous commençons en Afrique. Facebook a commencé il y a 15 ou 16 ans, c’était seulement les américains. Après c’est parti en Europe avant de venir en Afrique. Nous, c’est le chemin inverse, on commence de l’Afrique vers les Etats Unis. On a des utilisateurs dans presque 100 pays. Parce qu’il faut télécharger seulement. Certes la majorité des utilisateurs sont en Afrique de l’ouest notamment en Côte d’Ivoire mais on est en train de pousser dans d’autres pays. Donc on souhaite un réseau mondial, mais l’objectif est de proposer aussi une alternative aux Africains pour qu’ils puissent avoir d’autres réseaux performants, à la pointe de la technologie et qui permettent de faire passer des messages.

 

My Opinion made in Côte d’Ivoire avec des actionnaires ivoiriens, qu’est-ce que vous attendez du gouvernement pour aller plus loin dans vos actions ?

Déjà c’est une entreprise privée, ce qu’on attend c’est d’abord le soutien moral en créant des comptes pour le Président de la République, le Premier ministre, l’ensemble des membres du gouvernement, les directeurs de cabinets, les directeurs des entreprises étatiques. Ils peuvent avoir leur page My Opinion au même titre que Twitter. Puis, s’il y a des programmes, c’est-à-dire des facilitations gouvernementales pour des projets Partenariats public-privé. Qu’il puisse faciliter l’entrée d’investisseurs institutionnels de renom comme la BAD, etc., nous sommes preneurs. Mais, l’idée on s’est battu pour proposer un bon produit et on souhaite que le produit soit utilisé d’abord. La première ambition c’est d’avoir une grande communauté dans My Opinion, après le reste suivra.

Un mot à l’endroit des entrepreneurs qui sont parfois démotivés dans leur élan ?

L’entrepreneuriat est un mal nécessaire. Pour ceux qui entreprennent c’est difficile, ce sont des nuits blanches, c’est beaucoup de doute et de rejet. On va chercher des investisseurs qui peuvent penser autrement sur ce que vous croyez être juste ou potable. Il faut y aller et se donner les moyens de pouvoir réussir et aller jusqu’au bout. Il ne faut pas s’arrêter parce que deux ou trois personnes ont eu à faire des remarques. Ce que je conseillerai c’est d’aller au bout des idées, un projet c’est bien dans la théorie, mais si on l’abandonne on ne sait pas ce qu’il deviendra. Nous sommes fiers d’avoir pu réaliser My Opinion. De la conception, au développement, au test, jusqu’au lancement officiel et aujourd’hui de pouvoir être téléchargé dans tous les pays du monde.

Propos recueillis par Issouf Kamagaté

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