Gestion des ordures : Le revers de la médaille

Depuis leur prise de fonction, les structures de gestion des ordures ménagères en Côte d’Ivoire, Ecoti SA et Eco Éburnie, font plutôt bonne impression. Mais les rapports avec les éboueurs n’ont jusqu’ici pas été bons.

La nouvelle politique de gestion des ordures ménagères plait aux Ivoiriens. Les rues de la capitale économique sont relativement propres. Les services de ramassage et de nettoyage assurent. Mais, sous cette énorme machine, les rouages ne sont pas au goût de tous. De nombreux précollecteurs continuent de crier à une politique d’abandon. 

Laissés pour compte « Lorsque le contrat a été attribué, nous étions 6 000 personnes qui travaillions dans la précollecte d’ordures ménagères. Nous étions au centre du système. Mais depuis que les nouveaux opérateurs économiques sont arrivés, les précollecteurs d’ordures connaissent d’énormes difficultés », explique  Armel Barthe Touali, Président de la Fédération des précollecteurs et prestataires de services urbains de Côte d’Ivoire. Pendant qu’Eco Éburnie a décidé de payer les éboueurs qui travaillent dans sa zone, Ecoti SA a opté pour un travail en solo. Aux éboueurs de se débrouiller. « Le problème, c’est que les ménages ne veulent plus nous payer, malgré le travail de ramassage que nous continuons de faire. Parce qu’ils payent déjà la redevance sur les factures d’eau et d’électricité. Les seuls clients qui payent nous aident, simplement », explique Roger Koua, qui travaille dans la zone d’Angré comme éboueur.

À cause de cette situation, beaucoup d’éboueurs ont jeté l’éponge dans la zone d’Abidjan Nord-est (Abobo, Anyama, Cocody, Bingerville, Plateau), gérée par Ecoti-SA. Pour sauver les autres emplois, les éboueurs s’en étaient remis à leur faitière pour continuer les négociations avec la société. Mais les choses semblent à nouveau bloquées. « Nous n’avons pas réussi à faire évoluer les discussions », se résigne M. Touali. La solution, selon lui, c’est une intervention des autorités. « Même avec Éburnie, nous sommes sous-payés», informe-t-il. Selon une source au sein de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED), ni Ecoti SA, ni Eco Éburnie ne sont obligées de travailler avec les éboueurs. Parce que cela n’est pas stipulé dans leurs contrats. Toutefois, notre informateur reconnaît qu’on ne peut sortir les éboueurs du système. Pour ces travailleurs, ajoute-t-il, il faut donc négocier et non réclamer. Les sociétés de ramassage d’ordures se réjouissent d’ailleurs plutôt de leur collaboration. En témoigne le Dr Youssouf Soumahoro, président de l’Association des entreprises de collecte d’ordures ménagères. « Nous n’avons pas de problèmes d’arriérés. Nous pouvons dire que tout va bien ». 

Raphaël TANOH

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