Le Syndicat national des biotechnologistes de Côte d'Ivoire (SYNAB-CI) est remonté contre le nouveau projet de loi relatif à la biologie médicale. Au cours d'une conférence de presse animée par son Secrétaire général national, Inza Dosso, ce jeudi 9 avril 2026 à Yopougon, l'organisation syndicale a fustigé un texte jugé d'une extrême gravité pour l'avenir de la profession et la sécurité sanitaire du pays.
Le syndicat, qui regroupe les ingénieurs et techniciens biologistes de Côte d'Ivoire, dénonce une rupture de dialogue avec le ministère de la Santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle, pour exposer leurs réticences. « En effet, ces dispositions du projet de loi retire aux ingénieurs et techniciens biologistes, leur acquis de l’arrêté n° 059 MSHP/CABdu28février2008 portant définition, classification, organisation, attributions et fonctionnement des laboratoires de biologie médicale. Ledit arrêté permettait aux ingénieurs et techniciens biologistes de diriger les laboratoires des niveaux primaire et secondaires de la pyramide sanitaire dans les départements et sous-préfectures », a indiqué le conférencier Inza Dosso.
Carrière
- syndicat conteste la définition du biologiste médical qui exclut tous ceux qui ne sont ni médecins ni pharmaciens. Il juge inadmissible que des experts diplômés en biologie soient contraints de travailler toute leur carrière sous la domination d'un autre professionnel du même domaine. « Comment concevoir qu'un professionnel hautement qualifié comme l'ingénieur biologiste [...] soit condamné à exercer son art à vie, que sous l'hégémonie d'un autre professionnel du même domaine, fût-il médecin ou pharmacien biologiste ! », s'est-il interrogé.
Malgré leur participation active à l'élaboration de l'avant-projet, les responsables syndicaux affirment avoir été écartés des phases finales d'harmonisation. « Le SYNAB-CI dénonce avec vigueur l'esprit qui a prévalu lors des travaux d'élaboration de l'Avant-Projet de Loi et l'attitude de notre tutelle qui a manifestement choisi de nous écarter de toutes les séances d'harmonisation », mentionne le leader du SYNABCI.
Laboratoires
Par conséquent, il fait un plaidoyer auprès des parlementaires pour la prise en compte de ses observations notamment, une définition inclusive du « biologiste médical » conforme aux dispositions des textes en vigueur dans les codes de la santé comme ceux du Togo et de la France. « Nous plaidons également pour la révision des articles relatifs à la direction des laboratoires de biologie médicale », a signifié M. Dosso.
En définitive, le projet de loi sur biologie médicale en Côte d’Ivoire adopté par la commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale, pourrait freiner la proximité des prestations des laboratoires de biologie médicale avec les populations et impacter lourdement la mise en œuvre efficace des activités des programmes de santé publique en générale et la politique de la Couverture maladie universelle (CMU) plus particulièrement. Le SYNAB-CI demande désormais aux parlementaires une « relecture profonde » du texte et appelle ses membres à « rester sereins et à l'écoute des mots d'ordre à venir ».
Notons que cette conférence de presse intervient après que le ministre de la Santé, Pierre N’gou Dimba, a présenté le 2 avril 2026 ce projet de loi comprenant 57 articles. Le texte vise initialement à encadrer l’ouverture des laboratoires, le contrôle qualité et la gestion des déchets biomédicaux afin de renforcer la sécurité sanitaire.
Jonathan LARGATON


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