Il faut avoir le courage de le dire : le problčme ne concerne ni une religion ni une confession particuličre. Il concerne tous ceux qui utilisent leur autorité religieuse pour faire passer un agenda politique. Pasteurs, imams ou autres guides religieux : chacun peut avoir ses convictions politiques, voter pour qui il veut et męme avoir ses préférences. Ils sont avant tout des citoyens.
Mais lorsqu’on monte en chaire ou qu’on prend le micro dans une mosquée pour faire subtilement la promotion d’un candidat, discréditer un adversaire ou orienter le choix politique des fidèles, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que la frontière entre prédication et militantisme vient d’être franchie.
La mosquée n’est pas une permanence de parti.
L’église n’est pas un siège de campagne.
Le sermon n’est pas un meeting.
Le prêche n’est pas un tract électoral.
Et le Coran ou la Bible ne doivent pas devenir des instruments de propagande politique.
Le plus dangereux, ce n’est même pas que le religieux ait une opinion politique. C’est qu’il puisse utiliser la confiance spirituelle de ses fidèles pour leur faire croire que son choix politique serait celui de Dieu.
C’est là que commence la manipulation.
Parce que lorsque le pasteur dit : « Dieu est avec notre camp », ou que l’imam laisse entendre que soutenir tel candidat serait une obligation morale ou religieuse, il ne parle plus seulement à des citoyens : il parle à des croyants dont la conscience est particulièrement vulnérable à l’autorité spirituelle.
Et cela mérite d’être dénoncé, quelle que soit la religion concernée.
Dieu n’est la propriété d’aucun parti politique.
Ni la Bible ni le Coran ne sont des programmes électoraux.
Ni l’Église ni la mosquée ne sont des états-majors politiques.
Et aucun candidat ne devrait pouvoir s’abriter derrière une autorité religieuse pour obtenir une légitimité divine.
Si tu veux faire de la politique, fais-en.
Si tu veux soutenir un candidat, soutiens-le.
Mais assume-le à visage découvert, comme militant ou citoyen, et non sous le manteau de l’autorité religieuse.
La République a besoin de citoyens engagés.
Les religions ont besoin de guides intègres.
Et les fidèles ont surtout besoin qu’on respecte leur liberté de conscience.
Le militant politique doit avoir le courage de parler comme militant.
Le religieux doit avoir la responsabilité de parler comme religieux.
Sinon, à force de mélanger l’autel, la chaire, le minbar et l’urne, nous finirons par ne plus savoir si nous sommes venus chercher Dieu… ou recevoir des consignes de vote.


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