Rencontre Ouattara – Gbagbo : Une nouvelle ère ?

Très attendue, la rencontre entre le Président de la République ivoirienne Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, son prédécesseur, s’est tenue le mardi 27 juillet au palais présidentiel. Cet évènement en annonce d’autres, sûrement plus importants.

Main dans la main, comme il y a une vingtaine d’années, quand ils étaient bons amis, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo étaient visiblement heureux de se revoir. La rencontre, qui a duré un peu plus d’une heure, aura permis de jeter les bases du début d’une nouvelle ère. Il n’y a certes pas eu de tête à tête pour cette grande première, chacun s’étant fait accompagner de trois proches collaborateurs, mais cela n’a pas empêché d’aborder les questions qui fâchent. 

Prise de contact Libérations des prisonniers civils et militaires relativement à la crise de 2011, loi d’amnistie, tensions politiques, cohésion sociale et avenir du pays ont été abordés tour à tour. Cette prise de contact ouvre ainsi la porte à d’autres rencontres. Entre autres, une réunion au sommet entre Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Cette fois en tête à tête. Sauf qu’avant cette étape, les regards sont fixés sur le discours de Président de la République du 6 août, veille de la fête de l’indépendance. L’opposition attend la libération de plusieurs de ces cadres et militants, jugés ou non, interpellés après la crise postélectorale de 2011 et pendant la période de la désobéissance civile. Mais Alassane Ouattara attend également de ses prédécesseurs des gestes allant dans le sens de l’apaisement. Mais certaines sources préviennent que les militaires seront exclus d’une probable loi d’amnistie. Les civils encore en prison et non jugés pourraient bénéficier de la liberté, « mais des détails restent encore à régler avec la justice », prévient notre source.

Laissés pour compte ? En marge de cette nouvelle ère, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, restent des acteurs majeurs dans la construction de l’avenir politique ivoirien. Encore en exil, les deux hommes multiplient les appels du pied afin de ne pas être mis à l’écart de ce nouvel élan. Les victimes des différentes crises continuent la mobilisation afin que leur cause soit entendue, demandant des dédommagements et un engagement de la classe politique à ne pas perdurer dans l’impunité.  La marche vers la cohésion sociale s’annonce encore longue après cette première rencontre et la consolidation de la paix un vaste chantier à construire, avec d’autres obstacles à lever.

Ange Stéphanie Djangoné

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