Sénateur de Jacqueville, Gabriel Yacé prône une politique basée sur le respect des règles internes à chaque parti.
Après les élections législatives, peut-on parler de règlement de compte politique dans votre département ?
Bien que non. Les partis politiques sont comme les armées. Les règles déontologiques sont indiscutables. On exécute d'abord et on pose des questions après. Lorsque le président du parti a désigné quelqu'un, on ne s’assoit pas dans son salon pour en désigner un autre. Se battre afin que l'on respecte le crédit de la signature du Président du parti, ce n'est pas faire de règlement de compte politique. Ça m'amène à dire comment les deux campagnes ont été financées. C'est plutôt ceux qui parlent de règlement de compte politique qui ont réglé des comptes.
En tant que parlementaire, que proposez-vous pour l'amélioration des choses en matière de démocratie en Côte d'Ivoire ?
Pour ma part, en tant que parlementaire je suis en train de travailler sur un projet de loi, à soumettre à la représentation nationale, sur les problèmes de transhumance politique et les problèmes des convoyages d’électeurs lors des élections. J'estime que ces deux pratiques-là sont malsaines et qu'elles dévoient la démocratie dans notre pays.
Que pensez-vous de l'indiscipline dans les partis politiques ?
Comme dans l’armée, la force des partis politiques repose aussi sur la discipline. Dans les armées, vous exécutez les instructions d'abord, vous posez la question après. Et on ne peut pas classer son raisonnement, plus haut que l'autorité du président du parti. Si chacun décidait, sous l'inspiration de sa sagesse personnelle de financer des candidats indépendants, on remplacerait l'obéissance par le raisonnement. Ce serait inéluctablement à très bref délai, la chute et la fin de notre grand et puissant parti. En politique, les conséquences de la désobéissance sont variées. Ses séquelles ne sont pas toujours immédiatement reconnaissables ou évidentes. Mais elles sont destructives aussi certainement que la moisson suit les semailles. Certains candidats sont ce que j'appelle de faux indépendants. En 2013, candidat à l’élection régionale, j'étais un vrai indépendant. Si je m'étais présenté en 2018 candidat indépendant, j'aurais été un faux indépendant, parce que j'étais déjà en accointance avec le parti au pouvoir. Et mon honnêteté intellectuelle et politique me commandait de me désapparenter de ma qualité d'indépendant. Il va falloir qu'on fasse la différence entre les indépendants affiliés qui profitent du parti comme l'arbre profite des racines et viennent combattre le parti à chaque échéance électorale et les vrais indépendants. Sur cette question, je dirais qu'il ne faut pas que les ambitions personnelles, l'emportent sur l'avenir du parti. On ne peut pas faire d’arrangement avec la vérité, encore moins avec la réalité politique.